Van Gogh éclaté

Une exposition immersive sur l’œuvre du peintre est présentée à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une exposition immersive sur l’œuvre du peintre est présentée à Montréal.

Homme reclus et contemplatif, le peintre Vincent Van Gogh serait sans doute éberlué de visiter l’exposition immersive créée autour de son œuvre et présentée par Oasis immersion, au Palais des congrès de Montréal, et de voir ses tableaux danser et bouger autour des spectateurs. Et pourtant, il est vrai qu’il semble avoir amorcé ce mouvement avec les touches de peinture qui faisaient tournoyer le soleil ou les étoiles dans ses œuvres.

Van Gogh — Distorsion, c’est le titre de l’exposition, signée par le studio de création montréalais Normal Studio et le producteur canadien Paquin Entertainment Group. « Distorsion », parce qu’on a plongé dans l’œuvre picturale de Van Gogh, mais aussi dans sa correspondance, pour la faire éclater, la tordre, la projeter sur tous les murs et sur le plancher. Mais aussi parce qu’on qualifiait, déjà aux siècles derniers, l’art de Van Gogh de distorsion de la réalité.

Expérience interactive

Ça n’est pas la première expérience du genre. Dès 2019, la galerie Arsenal art contemporain présentait Imagine Van Gogh, une expérience immersive induite par des projections sur les murs. Mais Van Gogh — Distorsion va plus loin. 

 Oasis immersion dispose de trois grandes salles, où sont exploitées trois thématiques différentes. La première, toute de noir et de blanc, explore davantage la correspondance de Van Gogh avec son frère Théo, les dessins et les esquisses de l’océan et des bateaux. « On entre dans la tête de Van Gogh », dit Mathieu St-Arnaud, directeur de création chez Normal Studio.

La deuxième s’inspire du coup de pinceau du peintre et de sa maîtrise de la couleur pour envahir les murs de créations libres, qui ne tardent pas à former, elles aussi, les soleils flamboyants du peintre hollandais. « On se demande : qu’est-ce que Van Gogh aurait peut-être fait avec les technologies que l’on a aujourd’hui ? » explique M. St-Arnaud. Parions que l’artiste, pris de vertige de voir ses œuvres ainsi animées, s’ennuierait peut-être ici du calme de ses champs de blé blond.

La troisième salle, elle, est consacrée aux animations interactives. Cette salle présente d’abord des galeries de tableaux de Van Gogh, l’une proposant un assemblage de portraits divers de l’artiste, où les personnes glissent, de temps à autre, un clignement d’yeux au spectateur. Puis, ce sont des tableaux de fleurs qui apparaissent, que la technologie fait bouger, permettant aussi au public de créer ses propres mouvements de couleurs en se déplaçant dans l’espace.

C’est aussi dans cette salle qu’est projetée la toile Nuit étoilée sur le Rhône, que les membres du studio de création Normal ont associée à la pièce de Miles Davis Drad Dog. Les installations interactives permettent au spectateur de marcher dans la galerie en ayant l’impression d’avoir les pieds dans le Rhône.

Et la peinture dans tout ça ?

Les expositions immersives inspirées des œuvres de grands peintres sont à la mode. Et Van Gogh, selon Denys Lavigne, cofondateur, président et directeur principal de la création d’Oasis immersion, « en est le porte-étendard ».

Bien sûr, il n’y a pas de peintures proprement dites sur les murs d’Oasis immersion, et on s’ennuie parfois de la dimension physique d’une toile, de l’épaisseur des coups de pinceau que le maître y a déposé. Aussi, Mathieu St-Arnaud espère-t-il que Van Gogh — Distorsion puisse donner l’envie à ceux qui ne l’ont jamais fait d’aller voir des œuvres du peintre dans un musée, si c’est possible. « Pour ceux qui le connaissent, c’est aussi une occasion de le redécouvrir sous une autre perspective, sous un autre angle », dit-il.

 

Van Gogh Distorsion

Oasis immersion, Palais des congrès, à partir du 28 avril.

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