Une nouvelle réserve muséale pour Montréal

L’immeuble où sont entreposées d’importantes collections depuis des années doit pouvoir compter sur au moins le double de sa surface actuelle pour assurer son avenir.
Photo: Adil Boukind Le Devoir L’immeuble où sont entreposées d’importantes collections depuis des années doit pouvoir compter sur au moins le double de sa surface actuelle pour assurer son avenir.

La principale réserve muséale de Montréal ne suffit plus à la tâche. L’immeuble banal de la rue Peel où sont entreposées d’importantes collections depuis des années, dans une atmosphère dûment contrôlée, doit pouvoir compter sur au moins le double de sa surface actuelle pour assurer son avenir. Musées Montréal, l’institution qui assure sa gestion, entend présenter dès ce printemps un plan de relocalisation qui suppose la mise en place de nouveaux espaces.

Situé à la limite nord de Griffintown, dans une partie de l’ancienne brasserie Dow, le Centre des collections muséales de Montréal constitue, depuis 2003, un des espaces d’importance pour la culture parmi les moins connus de la métropole. Pour des questions de sécurité, cet espace ne se vante pas de ce qu’il contient. Les œuvres et la liste des propriétaires restent secrètes. Chacun sait cependant que le lieu abrite plusieurs trésors d’une quarantaine d’institutions différentes qui partagent cet espace pour y entreposer leurs collections. Depuis des années, les quatre étages et ses 129 000 pieds carrés ne suffisent plus. Depuis 2016, il est convenu de la nécessité d’agrandir.

Obtenir une subvention

Pour qu’un nouveau bâtiment puisse voir le jour, Musées Montréal s’est inscrit, en début d’année, au registre des lobbyistes. L’organisme veut obtenir une subvention qui « servira à financer les frais de construction d’un immeuble », peut-on lire. Le financement espéré demeure pour l’instant inconnu, mais les installations nécessaires et les normes muséales doivent répondre à de hauts standards.

La directrice générale de l’organisme, Danielle Bergevin, ne souhaite pas confirmer pour l’instant le déménagement prochain de la totalité des œuvres du Centre des collections muséales. Cependant, elle indique que le projet de relocalisation « avance bien ».

En 2003, la reconversion d’une portion du bâtiment pour des fins d’entreposage avait dans un premier temps coûté près de 13 millions de dollars, soit l’équivalent avec l’inflation de 18 millions en 2022. Dès l’inauguration, il était entendu que l’espace disponible ne suffirait pas à moyen terme à assurer le développement des collections montréalaises, à moins que des phases de développement soient rapidement lancées.

Danielle Bergevin précise que l’organisme n’a pas encore arrêté son choix sur un lieu précis. « Il y a des souhaits de construction, mais une construction, c’est très coûteux. Pour nous, il faut s’assurer qu’on développe une option viable. »

D’autres scénarios sont à l’étude. « Il pourrait s’agir d’une reconversion d’un immeuble existant ou de la location, dans un projet immobilier en développement », explique Danielle Bergevin au Devoir.

« On souhaite que notre projet chemine auprès des instances publiques pour qu’on soit capable de l’inscrire au Plan des infrastructures du Québec (PIQ) quelque part au printemps », ajoute-t-elle.

Le manque d’espace dans l’édifice est un enjeu prioritaire, indique Danielle Bergevin. L’espace de la réserve actuelle gravite autour de 100 000 pieds carrés alors qu’à moyen terme, l’organisme aurait besoin de près de 150 000 pieds carrés, voire de 200 000 dans dix ans.

Depuis 2016, Musées Montréal étudie différents scénarios qui lui permettraient d’assurer la préservation de ces collections. Un plan stratégique a été élaboré en 2018 et, depuis, « on a multiplié les démarches et les recherches afin de quantifier les besoins. On est pas mal avancés : le plan d’affaires est écrit », confirme-t-elle.

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