Coup d’oeil sur les dépenses du Québec en culture avant la pandémie

En 2019-2020, plus de la moitié des dépenses directes ont été faites dans les domaines Bibliothèques (23%) — qui inclut Bibliothèque et Archives nationales du Québec —, Patrimoine, institutions muséales et archives (23%) et Arts de la scène (beaucoup plus faible, à 13%).
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En 2019-2020, plus de la moitié des dépenses directes ont été faites dans les domaines Bibliothèques (23%) — qui inclut Bibliothèque et Archives nationales du Québec —, Patrimoine, institutions muséales et archives (23%) et Arts de la scène (beaucoup plus faible, à 13%).

Les dépenses totales de Québec en culture en 2019-2020 ont été de 1,89 milliard de dollars, en hausse de 2,1 % par rapport à l’année précédente, selon les données rendues publiques lundi par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec. Il s’agit d’un investissement de 222 $ par habitant. Des chiffres qui devraient exploser au prochain exercice statistique, qui rendra alors compte des aides apportées pour traverser la pandémie et compenser les fermetures et refermetures des lieux culturels.

Le contexte rend ce polaroïd de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) plus important : les données ont été récoltées juste avant la pandémie, et les résultats pourront servir de point de comparaison pour les dépenses de 2020-2021, comme l’indique l’ISQ.

Les dépenses directes de Québec en culture ont augmenté de 1,5 % par année en moyenne depuis 2010-2011 pour atteindre, en 2019-2020, 1,2 milliard. C’est, proportionnellement, 1,05 % des dépenses consolidées des comptes publics — moins qu’en 2010-2011, à 1,23 %.

Un des constats de 2019-2020, c’est la hausse des dépenses fiscales, c’est-à-dire des crédits d’impôt remboursables, de 8,8 % par rapport à 2018-2019, pour un total de 686 millions. C’est une montée nettement plus raide que celles des dépenses externes (fonctionnement, subventions, contributions, prix) ou des dépenses internes (dépenses en salaires et traitements des employés des ministères, dépenses relatives aux achats de biens et de services — aux infrastructures, autrement dit).

« Depuis 2012-2013, les dépenses fiscales ont connu une croissance annuelle moyenne de 12,6 %, contre 2,4 % pour les dépenses directes », peut-on lire dans le rapport Les dépenses en culture de l’administration publique québécoise en 2019-2020. Ces chiffres devraient être secoués dès la prochaine enquête, où on pourra lire l’impact de la pandémie.

« On s’attend à ce que les données pour les prochaines années soient très différentes », a indiqué Sylvie Marceau, chargée de recherche à l’Observatoire. « On s’attend à des hausses un peu partout », qui refléteraient les différentes aides mises en place par le gouvernement pour aider la culture pendant la pandémie de COVID-19.

Biblios, musées et villes

 

En 2019-2020, plus de la moitié des dépenses directes ont été faites dans les domaines Bibliothèques (23 %) — qui inclut Bibliothèque et Archives nationales du Québec —, Patrimoine, institutions muséales et archives (23 %) et Arts de la scène (beaucoup plus faible, à 13 %). Ces trois disciplines sont dans le peloton de tête des dépenses depuis au moins 20 ans.

« Les domaines Livre et périodique et Multimédia présentent les plus forts taux de croissance annuels moyens de la dernière décennie (11,4 % et 9,2 % respectivement) », mentionne l’enquête.

En 2019-2020, 74 % des dépenses directes en culture ont été effectuées dans les régions centrales de Montréal (290,74 $ par habitant) et de Québec (382,51 $ par habitant). Dans les autres régions, ces dépenses oscillaient entre 23,39 $ et 164,80 $ par habitant.

« Depuis 2000-2001, on note un taux de croissance annuel moyen de plus de 5 % dans trois régions : les Laurentides (5,9 %), la Chaudière-Appalaches (5,7 %) et la Montérégie (5,5 %) », indique l’Observatoire. « La région des Laurentides a toutefois enregistré un meilleur taux de croissance durant la dernière décennie (6,5 % entre 2010-2011 et 2019-2020). »

« Trois régions enregistrent des taux de croissance plus faibles que celui de l’ensemble du Québec. Sur 20 ans, les dépenses directes au titre de la culture ont augmenté de 2,5 % dans le Nord-du-Québec, de 2,1 % à Montréal et de 0,1 % hors du Québec, alors qu’elles ont augmenté de 2,8 % dans l’ensemble du Québec. »

Depuis 30 ans, le montant par habitant consacré aux dépenses directes par l’administration publique pour la culture est passé de 79,34 $ à 141,31 $.

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