Plongée dans les relations humaines à travers les arts

Caroline Rodgers
Collaboration spéciale
L'atelier «Mon musée, me vois-tu?», propose aux enfants de créer le portrait d’un être cher à la manière de Kehinde Wiley, un artiste reconnu pour sa technique particulière de peinture sur fond décoratif.
Photo: MBAM L'atelier «Mon musée, me vois-tu?», propose aux enfants de créer le portrait d’un être cher à la manière de Kehinde Wiley, un artiste reconnu pour sa technique particulière de peinture sur fond décoratif.

Ce texte fait partie du cahier spécial Noël au musée

Durant le temps des Fêtes, le MBAM invite toute la famille à explorer les relations humaines grâce à des ateliers thématiques pour les enfants et à son exposition phare sur la voix, qui se poursuit jusqu’au 13 février.

Le congé scolaire des Fêtes est un bon moment pour emmener les enfants au musée et les éloigner de leurs écrans et de leurs jeux vidéo. Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) propose des activités quotidiennes pour toute la famille, afin de retrouver l’artiste en soi et, qui sait, éveiller de futures vocations, tout en explorant le thème des relations humaines.

Les ateliers thématiques pour enfants, offerts du 18 décembre au 2 janvier, sont divisés en deux catégories d’âge, soit de 2 à 5 ans et de 6 à 12 ans, et sont en lien avec le thème de la grande exposition en cours jusqu’au 13 février, Combien faut-il de temps pour qu’une voix atteigne l’autre ?

Les enfants de 2 à 5 ans doivent être accompagnés d’un adulte, et le coût des ateliers n’est que de 2 $. On doit s’inscrire au préalable, mais il n’est pas nécessaire de présenter une preuve vaccinale.

Pour les 2 à 5 ans, on propose deux activités en avant-midi. Avec « Écoute ma voix », on mise à la fois sur le bricolage et la communication, en invitant les tout-petits à fabriquer un joli porte-voix en carton coloré, décoré selon l’inspiration de chacun. Le jeune bricoleur pourra ensuite s’en servir pour s’exprimer en distribuant des« mots doux » à ses amis et à sa famille. Une belle idée pour mettre l’accent sur la verbalisation et les échanges positifs, de façon créative.

L’autre atelier pour les 2 à 5 ans s’intitule « Je t’aime » et s’inspire des fameux cœurs rouges jumeaux géants de l’artiste américain Jim Dine, qui trônent à l’entrée du musée. Il faut savoir qu’un autre cœur monumental du même artiste, dit Après le déluge, fait aussi partie de la collection du musée. Pourquoi ne pas aller y jeter un coup d’œil juste avant l’atelier ?

On peut voir Après le déluge, fait de bronze bleu orné d’objets divers, dont des outils et un pantin rappelant Pinocchio, à l’accueil de la promenade des studios Art et Éducation Michel de la Chenelière. L’atelier « Je t’aime »propose justement aux enfants de créer une sculpture de cœur sur laquelle ils pourront fixer des objets qu’ils aiment et qui les représentent. Pour un enfant, c’est une belle occasion d’exprimer ses goûts à travers une œuvre personnelle tout en exerçant sa motricité fine.

Ateliers pour les 6 à 12 ans

Un premier atelier pour les 6 à 12 ans, « L’expression au bout des doigts », leur permettra de s’initier à la technique du moulage en créant une œuvre traduisant une émotion par la position des mains. En plus de leur faire découvrir le moulage, l’atelier donne l’occasion aux participants de se pencher sur l’expression de soi, au-delà des mots et de la voix, en réfléchissant sur le rôle des mains et du corps dans la communication.

Photo: Christine Guest/MBAM Le tableau «Siméon le Dieu-récepteur», réalisé par l’artiste Kehinde Wiley

Le second atelier pour les 6 à 12 ans,« Mon musée, me vois-tu ? », propose aux enfants de créer le portrait d’un être cher à la manière de Kehinde Wiley, artiste américain au style très coloré dont le MBAM possède le tableau Siméon le Dieu-récepteur, qui représente un Noir au torse orné de tatouages devant un spectaculaire fond de fleurs multicolores. Kehinde Wiley est le premier artiste afro-américain à s’être fait commander un portrait de président des États-Unis, soit celui de Barack Obama. Les jeunes exploreront sa technique particulière de peinture sur fond décoratif.

Les adultes aussi

Pendant que les jeunes seront occupés à créer leurs œuvres inoubliables, les autres membres de la famille pourront visiter les expositions du MBAM qui sont en cours jusqu’en janvier ou février.

L’exposition phare de l’automne, Combien de temps faut-il pour qu’une voix atteigne l’autre ? se poursuit jusqu’au 13 février. Réunissant des œuvres de la collection permanente du musée, l’exposition se penche sur le thème de la voix, sous toutes ses facettes, mais aussi sur les relations humaines, mises à dure épreuve durant la pandémie. Avec des pièces choisies avec soin, l’exposition aborde non seulement la voix, mais aussi l’amour, la réconciliation, la séparation et tout ce qui tisse nos liens aux autres.

Autre possibilité intéressante : l’expérience MonMBAM, un parcours de la collection permanente du musée avec son appareil mobile, pour découvrir les œuvres grâce à des capsules présentées par des employés ou par des personnalités qui partagent leurs coups de cœur avec le public.

Finalement, d’autres expositions, consacrées à des artistes tels que Ragnar Kjartansson (jusqu’au 2 janvier), Anne Duk Hee Jordan (2 janvier) et le photographe arménien Yousuf Karsh (30 janvier), entre autres, constituent autant de portes d’entrée sur des univers uniques nous invitant à la découverte.

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