Père Noël, crèches et activités diverses dans les musées québécois

Rose Carine Henriquez
Collaboration spéciale
Présentée au Musée Marguerite-Bourgeoys, l'exposition Joyeuses crèches met en scène 200 crèches de Noël provenant des quatre coins du monde.
Photo: Dominick Trudeau Présentée au Musée Marguerite-Bourgeoys, l'exposition Joyeuses crèches met en scène 200 crèches de Noël provenant des quatre coins du monde.

Ce texte fait partie du cahier spécial Noël au musée

Musée d’art de Joliette

Les vacances seront l’occasion de s’arrêter au MAJ et d’apprécier les expositions en cours qui sont au nombre de quatre : Souriez ! Les émotions au travail, Résurgence, Constellation et Ce que les lys odorants tentent de camoufler. Si l’on s’attarde à Résurgence, on tombe dans le merveilleux monde artisanal des estampes, plus particulièrement entre 1914 et 2019. On y présente une soixantaine de linogravures réalisées dans le cadre d’ateliers itinérants donnés dans neuf communautés du Nunavik. Il s’agit d’une preuve que la pratique de l’estampe est bien vivante au sein de la communauté inuite depuis la fin des années 1960. Les artistes d’aujourd’hui s’attellent à provoquer des dialogues entre le passé et le présent en s’appropriant leurs héritages ancestraux afin de créer des œuvres actuelles.

Pour sa part, Ce que les lys odorants tentent de camoufler, de l’artiste montréalaise Vicky Sabourin, convoque de la douceur dans une série « d’objets symboliques, collectionnés par son oncle et sa grand-mère puis récupérés dans la maison des défunts, [et] elle tente de reproduire le paysage olfactif d’une intimité domestique sur le point de disparaître ». Écrire le récit des vivants en dialogue avec ceux qui ont disparu s’impose comme un objectif artistique, surtout à la suite de ces deux dernières années où le deuil et la perte ont teinté notre quotidien. Comment se souvenir, à travers les sens, de ceux qui sont partis ? Telle est la question à laquelle on tente de répondre. Le musée offre la possibilité de repartir chez soi avec un coffret contenant des objets et une collection d’odeurs afin de revivre cette expérience sensible à la maison.

Jusqu’au 9 janvier 2022

Centre canadien d’architecture

L’exposition Une portion du présent : les normes et les rituels sociaux comme sites d’intervention architecturale s’inscrit dans le projet plus large du Centre canadien d’architecture Ressaisir la vie. Depuis le 13 novembre, le visiteur peut prendre conscience de la manière dont l’architecture et l’urbanisme permettent d’appréhender certaines transformations sociétales. Des transformations qui influent sur l’environnement bâti et l’organisation de nos espaces. On donne comme exemple l’éclatement de la famille nucléaire, l’avènement des robots dans les tâches domestiques, la fluidité des relations humaines ou l’engagement de la jeunesse pour la justice environnementale. Tous ces éléments nous poussent à repenser la spatialité et les modes de vie qui s’y inscrivent. C’est ce que l’on pourra analyser à travers un corpus de photographies contemporaines, de séries télévisées, d’un état des lieux de la recherche en architecture et de plusieurs objets du design.

Jusqu’au 1er mai 2022

Musée des Hospitalières

Victor Bourgeau. Un évêque et son architecte, c’est une longue rétrospective dans la vie d’un architecte prolifique qui a construit plus de 300 bâtiments du patrimoine religieux au Québec. Et afin de clore l’exposition, que l’on pourra voir jusqu’au 2 janvier, le Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal propose des rencontres musicales intéressantes, soient deux récitals d’orgue. Le premier aura lieu au Gesù le 28 novembre et le second à la chapelle-église des Hospitalières le 12 décembre. L’interprétation des œuvres de Jean-Sébastien Bach, de Louis Marchand, de Louis-Claude Daquin et de Louis Vierne sera réalisée par l’organiste François Zeitouni. Pour les amateurs d’architecture religieuse, le musée organise également des visites dominicales de la crypte, de la chapelle et du monastère des Hospitalières jusqu’au 19 décembre.

Musée des beaux-arts de Sherbrooke

Photo: François Lafrance Vue de l'exposition «Temporalités depuis l’ailleurs»

Si, par un heureux hasard, vos pas vous mènent dans la ville de Sherbrooke, s’arrêter au splendide édifice qu’occupe le Musée des beaux-arts ne peut qu’être une bonne idée. On peut encore découvrir les expositions de l’automne qui se termineront en début d’année. On y va entre autres pour Temporalités depuis l’ailleurs, qui met en lumière le travail de Jin-me Yoon, artiste canadienne d’origine coréenne vivant en Colombie-Britannique. Les œuvres témoignent de plusieurs thèmes chers à l’artiste. Notamment son héritage culturel coréen, son expérience de la migration et sa relation complexe avec un pays d’accueil au passé colonisateur. Cette narration s’exerce dans le défilement de photographies mettant en scène des portions de vie de personnages que l’on devine liés par des liens forts, avec une présence constante de la nature à l’arrière-plan.

Jusqu’au 9 janvier 2022

Musée POP

Au centre-ville de Trois-Rivières, au Musée POP, on n’oublie pas les enfants. L’activité interactive Le père Noël est un superhéros leur est tout particulièrement destinée. On invite les 4 à 6 ans à se mettre dans la peau du personnage dans un parcours d’obstacles inspiré de l’univers des superhéros. L’événement aura lieu seulement les samedis et les dimanches, 4, 5, 11, 12, 18 et 19 décembre, à raison de trois représentations par jour. Pour aller plus loin, il faut savoir que l’activité fait suite à l’exposition, en cours jusqu’au 24 septembre 2023, L’ADN des superhéros, une expo-aventure jeunesse qui s’annonce tout aussi ludique. Il y est question de protection de l’environnement, d’expérimentations qui tournent mal et de quêtes pour sauver la ville.

Musée Marguerite-Bourgeoys

Le site historique Marguerite-Bourgeoys abrite également le musée d’histoire du même nom. Pour le temps des Fêtes, l’institution invite les Montréalais à découvrir une exposition de Dominick Trudeau, ce grand passionné de crèches. Dans Joyeuses crèches, on met en scène 200 crèches de Noël provenant des quatre coins du monde, de même qu’une sélection d’objets traditionnels de plusieurs artistes. Il sera fascinant de voir les traditions entourant le symbole fort que représente la crèche dans l’histoire de Noël, des matériaux utilisés, ainsi que des méthodes de fabrication selon les cultures. Dans le deuxième lieu emblématique du site, soit la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, le visiteur pourra admirer une immense crèche créée par la défunte sculptrice Sylvia Daoust.

Jusqu’au 23 janvier 2022

Musée d’art contemporain de Montréal

En raison des travaux en cours dans ses installations principales, le MAC nous accueille temporairement à compter du 1er décembre prochain à la Place Ville Marie, en plein cœur du Quartier des affaires. L’exposition inauguratrice de ce nouvel espace traite d’un sujet encore très proche de nous, car le confinement mondial y sert de toile de fond. Dans Contagion de la terreur, réalisée par le collectif de recherche Forensic Architecture, en collaboration avec la journaliste américaine Laura Poitras, on aborde la question de la violence numérique des cyberarmes contre des militants, pour la plupart civils. Laura Poitras a obtenu le prix Pulitzer du service public pour son reportage sur la surveillance accrue exercée par la National Security Agency des États-Unis et sur Edward Snowden, qui se trouve à être le narrateur du projet. Ici, on est loin de la magie des Fêtes, mais au cœur d’une préoccupation de société omniprésente. De quoi animer certainement les soupers de famille. Pour cette reprise, un tarif unique a été fixé à 10 $, et le musée offrira la gratuité aux jeunes de moins de 17 ans et aux personnes en situation de handicap et à leur accompagnateur.

Jusqu’au 18 avril 2022

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