Une visite qui prend tous les sens au ​Musée de la civilisation de Québec

Pierre-Yves Robert
Collaboration spéciale
Dans l’exposition, chaque atmosphère, chaque sensation, chaque éclairage est réfléchi pour intéresser l’enfant et pour créer des questionnements qui favorisent l’apprentissage.
Photo: Stéphane Bourgeois/Musée de la civilisation Dans l’exposition, chaque atmosphère, chaque sensation, chaque éclairage est réfléchi pour intéresser l’enfant et pour créer des questionnements qui favorisent l’apprentissage.

Ce texte fait partie du cahier spécial Musées

Voilà maintenant cinq ans que le Musée de la civilisation, à Québec, présente Observer. L’expo qui déroute !, un parcours labyrinthique interactif qui sollicite les sens des jeunes visiteurs, et qui remporte toujours autant de succès auprès des enfants.

Le Musée de la civilisation de Québec (MCQ) a toujours eu à cœur d’intégrer l’interactivité à son offre, « plus que dans un musée traditionnel », assure Agnès Dufour, relationniste de presse pour l’institution trentenaire de la Vieille Capitale. Déjà, en 1988, quand le MCQ a ouvert ses portes au public, on y proposait une exposition interactive qui plongeait les visiteurs dans le quotidien d’une personne non voyante.

Trente-et-un ans plus tard, ce même principe est encore d’actualité au MCQ, « un musée thématique, où on peut toucher et aller au-delà de la contemplation », illustre Mme Dufour.

Dans Observer. L’expo qui déroute !, plusieurs salles se succèdent dans lesquelles le toucher, l’ouïe ou encore l’odorat sont mis à profit afin de pousser les plus jeunes à passer leurs comportements quotidiens à la loupe. L’objectif : les aider à mieux comprendre le rôle du cerveau dans l’interprétation de ce que perçoivent leurs sens.

Effets d’optique, trompe-l’œil, impressions de vertige et déplacements à tâtons guidés par le son dans une salle sombre sont autant de défis offerts aux jeunes de 7 à 15 ans, dans un lien ludique, entre apprentissage et divertissement. Un « produit type » de ce qui se fait au MCQ, détaille Agnès Dufour.

« L’expo qui déroute, ça ne se remplace pas par une expérience virtuelle. Ce n’est pas une exposition de documentation, où on contemple des objets et leur histoire. C’est l’occasion de faire vivre une expérience dynamique aux enfants. »

 
Photo: Ève Leclerc/Musée de la civilisation L’objectif du MCQ avec cette exposition est d'aider les enfants à mieux comprendre le rôle de leur cerveau dans l’interprétation de ce que perçoivent leurs sens.

Et ça fonctionne. Selon les chiffres du MCQ, près d’un quart des visiteurs (23 %) viennent visiter le Musée de la civilisation en famille. Les écoles de la région sont aussi au rendez-vous : entre 2019 et 2020, soit avant le premier confinement, ce sont plus de 10 000 enfants de près de 350 groupes scolaires qui ont été accueillis pour des activités dirigées au MCQ.

En contact avec la connaissance

Alors que les jeunes élèves ont dû faire l’école à la maison pendant les confinements, pandémie oblige, les visites de groupes scolaires se multiplient cet automne au MCQ, qui a su adapter ses expositions dans le respect des normes sanitaires. Muséographie, design graphique, services audiovisuels et technologies tactiles : toutes les équipes internes du musée ont travaillé ensemble à revoir le parcours pour le rendre sécuritaire, sans dénaturer son attrait interactif.

« Les enseignants aiment ce type d’exposition interactive, indique Agnès Dufour. Ça complète l’apprentissage en classe, et ça ouvre un paquet de possibilités d’enseignement parallèle. L’atmosphère des salles, les sensations que vivent les élèves et l’éclairage des pièces, tout est réfléchi pour améliorer l’expérience et intéresser l’enfant, le pousser à se questionner. »

Depuis la réouverture complète du musée, en mai dernier, Agnès Dufour sent d’ailleurs un engouement pour les visites. Depuis la rentrée, nombreuses sont les classes qui ont effectué une sortie scolaire au MCQ. Et si les mesures sanitaires peuvent avoir un côté « rigide » difficile à concilier avec l’envie de bouger des enfants, le Musée de la civilisation compte sur un hall lumineux et ouvert, idéal pour accueillir de jeunes curieux.

« Quand on est tombés en confinement, on a offert en ligne plusieurs de nos contenus muséaux, se rappelle Agnès Dufour. Nos guides proposaient des visites virtuelles, et on a diffusé des captations de nos expositions qui s’y prêtaient bien. Mais pour les jeunes, il n’y a rien qui se compare avec une visite au musée. Ici, ils peuvent sentir un véritable contact avec la connaissance. »

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