Sur le radar: de l’image au construit avec Alexandre Bouffard

Vue partielle de l’intervention «Blindspot/Stereotomy»
Photo: Simon Belleau Vue partielle de l’intervention «Blindspot/Stereotomy»

Au tour d’Alexandre Bouffard d’occuper le minuscule espace de Parc Offsite. De l’extérieur, la galerie qui a pignon sur rue semble étrangement vide, comme ces locaux aux alentours, témoins d’un marché en quête d’acheteurs ou de locataires. Contre les apparences, tout se trouve à l’horizontale chez Bouffard, qui exploite les couches d’épaisseurs, au sens propre comme figuré.

Diplômé en arts de Concordia, le jeune artiste poursuit des études en architecture. Ce passage donne du sens à son intervention dans la galerie qui épouse parfaitement le plancher. Grâce à un procédé technique complexe qui doit beaucoup au « fait main », il a créé une rencontre inédite entre une image de son cru, des tuiles standards et le lieu d’exposition. Alors que le sol offre au corps la concrétude de sa surface, l’image intrigue, se dérobe au regard. La structure en grille donnée par les carreaux ramène de l’ordre là où les sens s’égarent.

Par la bande, ce travail fait songer aux céramiques du commerce que des techniques d’impression font souvent passer pour de plus nobles matières. En plus du plaisir procuré par l’expérience, l’exposition soulève avec brio ce genre de réflexions sur l’urbanisme, la spéculation immobilière et les rénovictions. L’artiste est en effet à l’affût de leurs mirages, lui qui a été cimentier sur des chantiers et qui, après avoir travaillé dans un écocentre, codirige maintenant une OBNL fournissant aux artistes des matériaux récupérés. L’art, nous dit Bouffard avec le recul de son installation Blindspot/Stereotomy, participe aussi à cette économie de la circulation des matériaux dont les enjeux sont loin d’être superficiels. 

Blindspot/Stereotomy

D’Alexandre Bouffard. À Parc Offsite, 5376B, av. du Parc, Montréal, jusqu’au 16 octobre.

À voir en vidéo