Un personnage numérique «NFT» vendu 11,7 millions de dollars

Le CryptoPunk au numéro 7523 appartient à une série de créatures conçues en 2017 par la jeune société américaine Larva Labs, dont l’importance a été majeure dans le développement des «NFT».
Photo: Timothy A. Clary Agence France-Presse Le CryptoPunk au numéro 7523 appartient à une série de créatures conçues en 2017 par la jeune société américaine Larva Labs, dont l’importance a été majeure dans le développement des «NFT».

L’image d’un personnage numérique pixélisé au visage bleu, frappée du nouveau certificat d’authenticité en vogue « NFT » , a été vendue jeudi 11,7 millions de dollars à New York chez Sotheby’s, ce qui en fait le deuxième objet numérique le plus cher de l’histoire.

Le CryptoPunk au numéro 7523 appartient à une série de créatures conçues en 2017 par la jeune société américaine Larva Labs, dont l’importance a été majeure dans le développement des « NFT ».

Chaque image représente grossièrement un visage pixélisé, qui rappelle les personnages croisés dans les jeux vidéo des années 80, avec un ensemble de caractéristiques qui la rendent unique.

À tout Cryptopunk a été associé un certificat d’authenticité en théorie inviolable, le NFT, pour non fongible token ou jeton non fongible, terme qui signifie qu’il est unique.

C’est ce NFT, appuyé sur la technologie dite de la blockchain, qui a fait exploser, ces six derniers mois, le marché des objets numériques, car beaucoup de collectionneurs sont désormais rassurés quant à la garantie de propriété d’une œuvre.

Le 7523 est le seul personnage, parmi les 10 000 CryptoPunks créés par Larva Labs, à porter un masque chirurgical, ce qui en faisait un objet particulièrement prisé.

Le CryptoPunk 7523 est désormais le deuxième NFT le plus cher de l’histoire derrière l’œuvre numérique « Everydays » de l’artiste Beeple, vendue 69,3 millions de dollars mi-mars.

Deux CryptoPunks avaient déjà été acquis, mi-mars, respectivement pour 7,58 et 7,57 millions de dollars, des records à l’époque dans cette catégorie.

Sotheby’s a révélé que l’acheteur était l’entrepreneur Shalom McKenzie, premier actionnaire de DraftKings, opérateur de paris en ligne, dont la fortune est estimée à plusieurs centaines de millions de dollars.

Après une flambée de janvier à avril, les prix moyens des NFT et le nombre de ventes ont sensiblement ralenti, beaucoup annonçant l’explosion d’une bulle spéculative. Le montant des transactions sur les 30 derniers jours est passé de 248 millions de dollars début juin à 73 millions jeudi, selon les données du site NonFungible.com.

Mais certaines catégories de NFT, les plus établies, ont peu ou pas souffert de ce coup de froid, en particulier les CryptoPunks, comme en témoigne la vente de Sotheby’s jeudi. Outre le 7523, plusieurs exemplaires se sont encore vendus plus de 100 000 dollars chacun ces derniers jours.

Au total, les CryptoPunks ont généré 351 millions de dollars de transactions depuis leur lancement, selon NonFungible.com.

Jeudi toujours, le tout premier NFT, « Quantum » de l’artiste new-yorkais Kevin McCoy, a été acquis chez Sotheby’s pour 1,47 million de dollars. Il avait été créé en 2014 avec la même technologie que les NFT, mais trois ans avant l’invention du mot.