«Habiter le monde, esquisse d’une rencontre»: chacun sa couleur

Anna Binta Diallo, «Voyageur/Almanach», 2021
Photo: Paul Litherland Anna Binta Diallo, «Voyageur/Almanach», 2021

Il fait partie des artistes qui montent, en flèche dans son cas, mais Moridja Kitenge Banza se révèle aussi être un commissaire sensible, porteur de discours rassembleurs. L’exposition Habiter le monde repose certes sur des réflexions personnelles, lui homme déraciné qui s’est enraciné à Montréal. Il cède cependant ici sa place pour démolir le cliché voulant que les personnes noires vivent une seule réalité.

Autour du principe voulant que chaque expérience soit unique, il a réuni quatre artistes dont les œuvres articulent différents points de vue sur les questions identitaires et la relation au territoire. Seul trait commun : la couleur de la peau.

L’expo, qui occupe tout le centre Clark, bénéficie d’une division toute simple. Dans la grande salle, le commissaire a placé les images de Mathieu Lacroix et les sculptures de Frantz Patrick Henry, portées par la blancheur des surfaces et par l’absence d’évidences. Dans la petite salle, Kitenge rapproche les pratiques d’Anna Binta Diallo et de Michaëlle Sergile, basées sur la culture populaire et sur le collage d’images ou de récits. La finesse du travail de découpage de la première et la mélancolie d’une comptine chez la seconde s’entremêlent avec fascination, multipliant les couches de lecture, d’écoute.

Cette expo devait être le second chapitre d’un projet annoncé d’abord à la Biennale de Dakar. La pandémie en a décidé autrement, mais un troisième volet, désormais second, devrait poursuivre la discussion à aire ouverte en 2022.

Habiter le monde: esquisse d’une rencontre

Au centre Clark, jusqu’au 19 juin

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