Dernière chance de visiter le MAC dans sa forme actuelle

Le directeur général et conservateur en chef du MAC, John Zeppetelli, doit non seulement organiser le déménagement du musée à la Place Ville-Marie, mais aussi le déplacement de milliers d’œuvres à l’intérieur même de l’établissement durant les travaux.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le directeur général et conservateur en chef du MAC, John Zeppetelli, doit non seulement organiser le déménagement du musée à la Place Ville-Marie, mais aussi le déplacement de milliers d’œuvres à l’intérieur même de l’établissement durant les travaux.

Le Musée d’art contemporain (MAC) entame ses derniers jours dans ses installations actuelles de la Place des Arts, qui feront l’objet de rénovations majeures d’une durée de trois ans. Dans moins d’un mois, le 28 juin, l’établissement fermera ses portes jusqu’en novembre en vue d’une réouverture temporaire à la Place Ville-Marie, où il s’établira pendant les travaux, dont le coût s’élève à 57 millions.

Le directeur général et conservateur en chef du MAC, John Zeppetelli, a le vertige en gérant ce projet « gigantesque et extrêmement complexe » en pleine crise sanitaire. Il doit non seulement organiser le déménagement du musée à la Place Ville-Marie pour une durée de trois ans — le personnel au cinquième étage, les expositions au rez-de-chaussée —, mais aussi le déplacement de milliers d’œuvres à l’intérieur même du MAC durant les travaux. La moitié de l’établissement, inauguré en 1992 à la Place des Arts, sera transformée.

Ambition et audace

Tout un défi, en pleine valse des fermetures et des réouvertures sur fond de crise de santé publique. « On a tous été tellement secoués par la pandémie dans le milieu culturel. On croise les doigts pour retrouver une espèce de normalité », confie-t-il au Devoir en reprenant son souffle.

Le bâtiment deviendra « tout en lumière et en transparence » après cette cure de rajeunissement. Le retour dans les locaux rénovés est prévu à la fin de l’année 2024 ou au début de 2025. Entre-temps, le public n’a plus que trois semaines et des poussières pour visiter le MAC dans sa forme actuelle.

Le musée fermera ses portes pour l’été et une partie de l’automne. L’établissement s’établira temporairement dans une autre partie du centre-ville de Montréal qui reprend vie, tranquillement, après une dure année de confinement. L’entreprise Ivanhoé Cambridge, propriétaire de la Place Ville-Marie, dit souhaiter que le déménagement du MAC à l’angle des rues Mansfield et Cathcart attire les travailleurs qui reviendront sans doute peupler les tours de bureaux du centre-ville, à compter de l’automne.

L’exposition inaugurale, Forensic Architecture, Contagion de la terreur, décrite comme « aussi ambitieuse qu’audacieuse », traitera de l’utilisation de cyberarmes par des États contre des militants de la société civile. Le projet est réalisé en collaboration avec la cinéaste Laura Poitras.

Le MAC présentera au printemps 2022 une exposition de la vidéaste argentino-israélienne Mika Rottenberg, qui vit à New York.

D’ici là, pendant la pause de l’été due au déménagement, le musée offrira une programmation numérique — comme l’an dernier, alors pour cause de pandémie. Huit sculptures provenant de la collection du musée seront aussi installées sur l’Esplanade du célèbre édifice montréalais. C’est un peu un retour aux sources pour le MAC, qui a présenté dans des locaux temporaires de la Place Ville-Marie sa toute première exposition en mars 1965, consacrée au peintre et graveur français Georges Rouault.

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