Des résultats modestes à la vente d’art numérique à Bruxelles

Les mises à prix allaient de 400 à 20 000 euros.
Photo: Kenzo Tribouillard Agence France-Presse Les mises à prix allaient de 400 à 20 000 euros.

La maison française Millon a annoncé jeudi avoir écoulé lors d’une vente en ligne depuis Bruxelles 12 des 13 œuvres de son offre « NFT » pour 68 922 euros (frais compris), un résultat plutôt modeste pour cette vente ayant attiré une soixantaine d’enchérisseurs.

Nouvelle tendance ayant émergé aux États-Unis, les NFT désignent les jetons non fongibles, ou « non-fungible tokens », des certificats d’authenticité réputés inviolables, qui permettent à l’acheteur d’un objet numérique (dessin, animation, vidéo, photo, musique) d’être certain d’en être le propriétaire.

« C’est la première ligne d’un nouveau livre », s’est félicité Alexandre Millon auprès de l’AFP.

Sur le montant de la vente, « on a dépassé notre estimation globale basse. Les inscrits étaient entre 200 et 300, les enchérisseurs venaient de presque tous les continents », a précisé l’expert NFT de Millon, Axel Reynes.

Les mises à prix allaient de 400 à 20 000 euros. « The Rabbin », de Maikeul, a été adjugé 24 000 euros.

La législation française prohibant la vente de biens immatériels, Millon avait été incité par le Conseil des ventes volontaires (CVV) à déplacer cette vente en Belgique. Alexandre Millon a décidé de tenir la prochaine à l’automne également depuis Bruxelles.

Une modeste salle des ventes en province, Cappelaere & Prunaux à Bar-le-Duc (est), avait créé la surprise dimanche en lançant des enchères « NFT », mais sous l’égide d’huissiers, ce qui la rendait possible au regard de la loi.

Réuni jeudi, le CVV a tenu à rappeler que « la représentation numérique d’une œuvre reste un bien incorporel » et « ne peut pas faire l’objet d’une vente volontaire aux enchères publiques ».

L’un de ses membres, Cyril Barthalois, secrétaire général de l’Académie des Beaux-arts, va rédiger un rapport pour des mesures visant à « sécuriser ces transactions, et, éventuellement, permettre aux maisons de ventes françaises d’y procéder », a indiqué un communiqué.

« Nous devons avoir une réponse positive, normative, mais aussi de protections des acheteurs », a souligné le président du CVV, Henri Paul.

Axel Reynes est persuadé que les NFT vont bouleverser le marché de l’art : « je pense qu on assistera à terme à la fin de l’art physique, de la toile, du dessin , n’hésite-t-il pas à pronostiquer. 

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