Derrière les portes des musées de la métropole

Marie Pâris
Collaboration spéciale
Exposée au Musée des métiers d’art du Québec jusqu'au 20 juin, l'œuvre interactive Pont Jacques-Cartier change de couleur en fonction du bruit.  
Photo: Paulette-Marie Sauvé Exposée au Musée des métiers d’art du Québec jusqu'au 20 juin, l'œuvre interactive Pont Jacques-Cartier change de couleur en fonction du bruit.  

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

Découvrir des locaux rafraîchis, plonger dans le passé, admirer et s’offrir des œuvres d’art, regarder des documentaires, en apprendre plus sur l’histoire de la ville… il y aura plein de raisons de pousser les portes des musées montréalais cet été.


 

MUMAQ : nouveaux espaces, nouvelle expo

Le Musée des métiers d’art du Québec (MUMAQ), seule institution de la province consacrée aux métiers d’art, a revu complètement la présentation de sa collection. Après deux ans de travaux, le musée accueillera le public à partir du 5 juin prochain dans de nouveaux espaces — les derniers travaux de l’édifice patrimonial remontaient à 2002. Le MUMAQ, qui conserve une collection sur l’artisanat et les métiers d’art d’ici, anciens comme contemporains, dévoilera également une nouvelle exposition permanente, Objets témoins, une histoire des métiers d’art du Québec.

Photo: Caroline Hayeur Le Musée des métiers d’art du Québec

En outre, l’exposition rétrospective de l’artiste lissière Paulette-Marie Sauvé se poursuit jusqu’au 20 juin — pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, une visite virtuelle est disponible sur le site Web du musée. L’exposition revient sur la carrière de cette artiste pluridisciplinaire qui œuvre surtout en peinture et tapisserie. Son travail en tissage, coloration et teinture est représenté dans différentes collections au pays et lui a valu plusieurs prix.


  

Plonger dans le Montréal d’avant au Château Ramezay

En plus de ses expositions permanentes, le Château Ramezay présente jusqu’au 6 septembre prochain l’exposition temporaire Paysages montréalais : œuvres d’art de la collection Power Corporation du Canada. L’occasion de découvrir quelques tableaux de cette collection fondée en 1964 par Paul-Guy Desmarais et qui compte parmi les premières collections d’entreprise au pays. Sa mission : témoigner du développement, de la diversité et de la qualité de l’art canadien de 1800 à 1970.

Cette exposition au Château Ramezay couvre la période de 1870 à 1972, durant laquelle Montréal a connu de nombreux changements. Une évolution qu’on suit à travers différentes œuvres illustrant la ville et issues de courants artistiques variés. On peut ainsi admirer 30 tableaux de 15 artistes (dont Adrien Hébert, Georges Delfosse, John Little…). Y apparaissent le marché Bonsecours, la basilique Notre-Dame ou encore le Vieux-Port. Dans chaque tableau, un bâtiment aujourd’hui disparu ou un paysage transformé viennent faire un clin d’œil au passé. On y découvre entre autres que le chemin de la Côte-des-Neiges était auparavant recouvert de verdure ou que le parc Jeanne-Mance s’appelait à l’époque Fletcher’s Field…


    

Encan à l’Écomusée du fier monde

L’Écomusée du fier monde tient ce mois-ci la 20e édition de son encan annuel, qui aura lieu en ligne du 19 au 30 mai. Les profits seront versés à l’Écomusée, aux artistes ainsi qu’à des organismes du quartier. La soixantaine d’œuvres d’art de créateurs canadiens mises aux enchères fera l’objet d’une exposition au musée, Variations sur l’art d’ici. Les différentes encres, peintures et gravures exposées proviennent d’artistes émergents comme de créateurs connus nationalement et internationalement (Jean-Paul Riopelle, Marc Séguin, Armand Vaillancourt…). La sélection d’œuvres picturales représente la création contemporaine d’ici à travers une variation de styles, de thèmes et de techniques. L’occasion de s’offrir un peu d’art, à admirer au musée ou à ramener chez soi.


  

Coup de neuf à Exporail

L’institution canadienne, qui fête cette année son 60e anniversaire, a sorti 400 artefacts ferroviaires de ses réserves et les a exposés dans un espace immersif où l’on peut visionner des images d’archives avant d’arriver à la Grande Galerie. Et cette année, Exporail propose justement aux visiteurs de (re)découvrir sa grande galerie : une dizaine de nouveaux véhicules ont été ajoutés à l’exposition permanente, dont la scénarisation a été changée et qui compte désormais plus de 50 véhicules.


Photo: Exporail, le Musée ferroviaire canadien La zone immersive d'artefacts à Exporail, le Musée ferroviaire canadien

Le musée veut tisser un lien entre le visiteur du XXIe siècle et les ingénieurs des XIXe et XXe siècles. L’exposition crée notamment une expérience immersive en offrant la possibilité de monter à bord de certains véhicules, tels que les locomotives à vapeur ou le tramway. Et pour terminer la visite d’Exporail, plus grand musée ferroviaire au Canada, les enfants vont adorer se balader sur le chemin de fer miniature à l’extérieur…


    

Archéologie au Musée Marguerite Bourgeoys

À l’occasion de la première édition du Festival d’histoire de Montréal et jusqu’au 16 mai, le musée propose des ateliers d’animation en extérieur avec une archéologue — ces ateliers seront par ailleurs repris en août pendant le Mois de l’archéologie. Les animations, gratuites, s’adressent à toute la famille à partir de 8 ans. En outre, le musée offre un cahier découverte en lien avec l’histoire et l’architecture de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, qui fait partie du site historique Marguerite-Bourgeoys.

L’exposition Sœurs et femmes d’exception est aussi à l’affiche. On reste dans le ludique : des cartes de jeux d’observation sont offertes aux visiteurs. L’autre exposition, Osez Marguerite !, propose quant à elle de retrouver de nombreux objets et images vidéo en lien avec l’histoire de l’enseignement par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame — qui, pour rappel, a été fondée par Marguerite Bourgeoys.


    

Le cinéma d’Annabel Loyola au Musée des Hospitalières

Toujours dans le cadre de la première édition du Festival d’histoire de Montréal, et en lien avec la date anniversaire de la fondation de la ville, le Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal propose une rétrospective de l’œuvre cinématographique d’Annabel Loyola. Jusqu’au 28 mai, le public aura ainsi gratuitement accès en ligne à trois de ses documentaires, dont le court métrage Les âmes errantes (2019). Une rencontre virtuelle avec la cinéaste sera également organisée par le musée le 19 mai prochain.

Auteure notamment du film La folle entreprise, sur les pas de Jeanne Mance (2010), qui porte sur la cofondatrice de Montréal et fondatrice de l’Hôtel-Dieu, Annabel Loyola travaille dans l’industrie du cinéma et de la télévision à Paris et à Montréal. Son deuxième documentaire, Le dernier souffle, au cœur de l’Hôtel-Dieu de Montréal (2017), a été sélectionné au Festival international du film de Shanghai. La cinéaste prépare actuellement son troisième long métrage documentaire, La ville d’un rêve, troisième volet d’une trilogie sur la fondation de Montréal et dont la sortie est prévue en 2022.

Enfin, pour se mettre au vert, le musée reprend à partir du 31 mai ses circuits extérieurs, qui proposent des visites du jardin. Une belle façon d’allier nature et culture.

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