Redécouvrir Montréal en deux temps à Pointe-à-Callière

Rose Carine Henriquez
Collaboration spéciale
L'une des oeuvres de l'exposition «Montréal au cœur des échanges»
Photo: Patrick Desrochers L'une des oeuvres de l'exposition «Montréal au cœur des échanges»

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

Au Musée Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, deux expositions révèlent la métropole sous deux angles, porteurs de richesses. D’abord, à travers Montréal au cœur des échanges, qui sera inaugurée le 17 mai prochain à l’occasion de l’anniversaire de fondation de la future métropole. Puis, grâce à Montréal à l’italienne qui met à l’honneur la communauté italienne de la ville.

Montréal au cœur des échanges rassemble 150 pièces qui seront exposées à L’éperon, le bâtiment du XIXe siècle construit sur les vestiges de l’édifice de la Royal Insurance dont la forme triangulaire épouse la pointe à Callière. « L’exposition retrace les débuts de la présence humaine sur le site, explique la directrice générale Anne-Élisabeth Thibault. Ce sont des objets de pierre et d’os principalement qui ont été retrouvés sur le site lors de fouilles archéologiques des années 1980. »

Saut dans le temps

Ces éléments d’histoire sont le témoin de la présence de chasseurs-cueilleurs près de 2500 ans avant notre ère et révèlent également vers les années 1500 l’arrivée des Iroquoiens du Saint-Laurent. C’est ce qu’on apprend entre autres dans la première zone de l’exposition : Fréquentation autochtone millénaire. Des récits sonores des différentes nations qui ont fréquenté la pointe viennent compléter cette portion historique. « On a été chanceux, car les communautés autochtones ont travaillé très fort avec nous pour le développement du scénario de l’exposition », rappelle Anne-Élisabeth Thibault.

Les zones suivantes s’attardent sur des lieux et des événements phares dans la mémoire collective. Par exemple, les visiteurs pourront observer le vestige du premier cimetière de Ville-Marie découvert lors des fouilles en 1989, et où « des dépouilles à la fois autochtones et françaises ont été trouvées. »

On s’arrête ensuite sur un événement marquant, soit la Grande Paix de Montréal de 1701 représentée par une verrière de l’artiste Nicolas Sollogoub. « On présente les acteurs importants qui étaient en jeu lors de cet événement qui a rassemblé plus de 1300 Autochtones sur la pointe, raconte Mme Thibault. À l’époque, Montréal compte ce nombre en termes d’habitants, donc on double la capacité de la ville pour signer ce traité. »

On a été chanceux, car les communautés autochtones ont travaillé très fort avec nous pour le développement du scénario de l’exposition

 

Cette œuvre fait partie d’une sélection d’objets plus modernes où se côtoie le travail des artistes Nadia Myre, Angel Horn et Sylvain Rivard. « C’est comme si le contemporain répondait à l’histoire dans le parcours. On voulait créer un dialogue, précise la directrice générale. C’est très riche et c’est la finale de notre renouvellement d’exposition permanente. »

Plusieurs installations immersives et interactives s’inscrivent dans cette présentation qui s’échelonne ensuite du XVIe jusqu’au XIXe siècle, revisitant des quartiers et l’architecture de certains bâtiments comme l’édifice de la Royal Insurance qui s’élevait sur la pointe à Callière de 1861 à 1951, avant d’être démoli. « C’est un parcours très grand public et très famille qu’on a voulu présenter aux Montréalais », relève Mme Thibault.

Retracer l’histoire de la communauté italienne

Inaugurée en mars dernier, et accessible jusqu’en janvier 2022, Montréal à l’italienne souligne l’héritage de la communauté italienne après la vague d’immigration au début du XXe siècle.

L’exposition présente plus de 325 objets issus principalement des trésors de famille transmis de génération en génération, rapportés d’Italie ou fabriqués ici, mais qui contiennent un lien fort de filiation. « C’est une collaboration exceptionnelle, souligne la DG. J’avoue que ça a été un défi pour nous d’aller chercher la participation de la communauté dans le contexte sanitaire, mais ils ont répondu de façon remarquable. » Pointe-à-Callière est très reconnaissant de l’aide de plusieurs organismes comme la Casa d’Italia, le Congrès national des Italo-Canadiens ou encore l’Alliance Donne Femmes italiennes du Québec.

Photo: Myriam Ménard Vue de l'exposition «Montréal à l’italienne»

Divisée en cinq espaces, l’exposition présente différentes facettes de la culture italo-montréalaise, de la vie quotidienne, des traditions et des vécus. Chaque thème passe par la valorisation des lieux iconiques comme les chemins de fer, les cafés, la maison ou l’église. « Plusieurs artistes se sont installés à Montréal et il y avait une façon tout à fait unique de créer des œuvres qui se retrouvaient dans les églises, estime Mme Thibault. Plusieurs artistes ont répondu à des commandes à peu près partout au Québec. »

La présence dans le monde des affaires et l’apport à la sphère publique ont aussi été très importants. Il y a l’exemple des marques connues comme Catelli. « On découvre dans cette exposition comment cette communauté a eu une marque importante sur le Québec parce qu’on voit très clairement comment certains éléments de la culture italo-montréalaise font aujourd’hui partie de la culture québécoise. »

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