Ces grandes figures féminines de l’Égypte antique

Rose Carine Henriquez
Collaboration spéciale
L’épouse du dieu solaire Amon-Rê, la déesse Mout, à laquelle les reines d’Égypte étaient souvent étroitement liées
Photo: Museo Egizio, Turin (Italie) L’épouse du dieu solaire Amon-Rê, la déesse Mout, à laquelle les reines d’Égypte étaient souvent étroitement liées

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

Réalisée par le Musée Pointe-à-Callière à Montréal, qui l’avait d’abord présentée en 2018, l’exposition Reines d’Égypte sera accueillie à partir de juin prochain par le Musée canadien de l’histoire (MCH).

C'est dans un musée encore fermé à cause des mesures sanitaires que se prépare la prochaine exposition immersive, Reines d’Égypte, qui plongera le visiteur au cœur de 3000 ans d’histoire. Une situation qui demande flexibilité et communication, d’après la directrice générale par intérim Chantal Amyot. « Cette exposition est réalisée avec de nombreux partenaires, italiens entre autres, précise-t-elle. Il faut être en contact constant avec eux et penser aux alternatives. L’installation a lieu quand même avec les partenaires, qui nous surveillent à distance grâce aux technologies. »

Plusieurs des artefacts présentés proviennent du Musée égyptologique de Turin, qui possède la plus grande collection égyptienne après celle du Musée du Caire. Parmi ces trésors, on compte le sarcophage de Néfertari, épouse de Ramsès II, découvert dans la vallée des Reines en 1904 par l’archéologue italien Ernesto Schiaparelli.

L’Égypte ancienne a été l’objet de maintes expositions, mais raconter cette époque à travers une perspective féminine était une occasion de mettre à l’avant-plan les oubliées, selon madame Amyot. « Nous sommes toujours à l’affût d’expositions qui sont contemporaines dans leur propos et on a trouvé que celle-ci l’était particulièrement, parce que ce n’est pas un sujet qui est traité souvent, explique-t-elle. On ne parle pas assez des femmes, car elles ont un peu été éclipsées dans l’histoire. »

C’est surtout dans la région de Thèbes (aujourd’hui Louxor) que la galerie d’œuvres se concentrera sur la période allant de 1539 à 1076 avant notre ère. À travers sept thématiques correspondant à des lieux emblématiques, on découvre la vie des Égyptiennes, peu importe leur statut social.

Les visiteurs seront amenés à visiter un palais royal, un temple et un harem. Puis leur parcours se poursuivra à travers les reconstructions de la vallée des Reines, nécropole où les familles royales étaient inhumées, de même que d’un village où ont été construites ces sépultures et la tombe de la reine Néfertari, une des plus belles tombes connues de l’Égypte antique.

La force du matriarcat

Parmi ces icônes marquantes du Nouvel Empire, on retrouve Ahmès-Néfertari, Hatshepsout, Néfertiti, Néfertari, Isisnefert, Touy (la mère de Ramsès II), ou encore Tiyi (la mère d’Akhenaton). « C’étaient des femmes qui étaient au pouvoir et qui pouvaient avoir beaucoup d’influence, explique la directrice générale du MCH. Les gens sont fascinés par l’Égypte, mais ils risquent d’apprendre des choses nouvelles sur le rôle des femmes, qu’elles soient mères, de la royauté ou concubines. »

Les mères des pharaons ou leurs grandes épouses royales avaient une place importante dans la gestion du royaume. Elles pouvaient remplir une fonction politique comme celle de régente ou officier des cérémonies religieuses, comme prêtresse. Et bien que la fonction de pharaon soit principalement masculine, c’est parfois une femme qui portait ce titre comme ce fut le cas pour la reine Hatshepsout.

Au-delà des quelque 350 pièces que l’on peut y admirer, l’exposition se veut également une expérience immersive qui a été bonifiée selon madame Amyot. « Notre espace est complètement différent, on a rajouté des éléments audiovisuels, des éléments d’ambiance, des vidéos éducatives, indique-t-elle. La scénographie est modifiée évidemment, parce qu’on a une très grande salle d’exposition, ça donne un effet différent. » Toutefois, le parcours immersif raconte la même épopée. On se déplace sur les rives du Nil entouré des grands temples, dans la vallée des Reines, et même au cœur du harem. La conception des vidéos et des bandes sonores revient à Ubisoft Montréal et à l’équipe d’Assasin’s Creed Origins.

Le Musée canadien de l’histoire a également prévu un espace spécialement pour les familles, nommé La mission Néfertari et mettant en scène la tombe de la célèbre reine qu’il faudra étudier dans un décor de laboratoire de recherche des années 30. D’autres activités en lien avec l’exposition seront confirmées ultérieurement, comme un jeu d’évasion et des rencontres avec des égyptologues.

 

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