Un été sous le signe du changement au MAC

Sophie Ginoux
Collaboration spéciale
L’œuvre vidéographique signée Margaret Haines, The Stars Down to Earth, sera présentée du 2 au 27 juin.
Photo: Margaret Haines L’œuvre vidéographique signée Margaret Haines, The Stars Down to Earth, sera présentée du 2 au 27 juin.

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

L’institution montréalaise consacrée à l’art contemporain québécois, canadien et international aborde la saison estivale avec plusieurs défis de taille à relever, puisqu’elle devra conjuguer sa programmation avec le début de travaux majeurs de transformation et son déménagement temporaire à Place Ville Marie.

Depuis le mois de mars, l’équipe du Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) s’active pour orchestrer un projet en gestation depuis des années, mais qui démarre concrètement en ce moment : la mise en boîte de sa vaste collection et de ses bureaux, amenés à être déplacés à l’intérieur des murs de la Place Ville Marie (Galerie PVM), où le musée s’installera jusqu’en 2024, le temps que sa structure soit totalement rénovée. Comme l’indique Marine Godfroy, cheffe du marketing et des communications de l’institution, « En 2020, nous avons appris à gérer un musée en temps de pandémie. Et cette année, on apprend à déménager ! C’est une grosse horlogerie à mettre en branle, nécessitant une logistique étoffée. »

Le MAC vient aussi de se doter d’une nouvelle directrice adjointe, Anne Eschapasse, ce qui complexifie encore plus la mise en place de sa programmation à venir, le temps que l’experte prenne ses marques. « En temps normal, nous avons une cadence bien établie. Mais comme tous les musées, nous vivons depuis un an au rythme des annonces gouvernementales, avec des ajustements continuels en termes de conservation, d’heures d’ouverture, de suivis de réservations. Si nous greffons à cela le début des travaux et notre déménagement à venir, c’est très exigeant », explique Mme Godfroy.

En 2020, nous avons appris à gérer un musée en temps de pandémie. Et cette année, on apprend à déménager ! C’est une grosse horlogerie à mettre en branle, nécessitant une logistique étoffée.

 

Le MAC ne sera donc pas en mesure d’annoncer concrètement sa programmation estivale avant trois semaines. Et ne peut confirmer pour l’instant si cette dernière aura lieu dans sa structure habituelle ou dans la nouvelle Galerie PVM, elle aussi en plein chantier pour que l’espace réponde aux normes muséales.

Le MAC, à court terme

Actuellement, le MAC propose deux expositions entre ses murs jusqu’à fin mai : Ne dis à personne ce qu’on fait quand je me sens seul.e, réunissant les œuvres numériques de trois artistes montréalais qui interrogent nos relations et dynamiques à travers divers filtres et écrans ; ainsi que Des horizons d’attente, constituée du travail de 21 artistes dont les œuvres, récemment acquises par le musée, explorent plusieurs préoccupations politiques et sociales actuelles. Une troisième exposition sous forme virtuelle, Une brèche en toute chose, s’inspire des œuvres et des chansons de Leonard Cohen pour faire découvrir aux internautes une cinquantaine d’œuvres du musée en lien avec l’univers de cet artiste. Elle sera accessible en ligne gratuitement jusqu’en février 2024.

L’œuvre vidéographique The Stars Down to Earth, qui fait également partie de la collection du musée, sera pour sa part présentée du 2 au 27 juin. L’artiste multidisciplinaire montréalaise Margaret Haines, qui évolue notamment dans le domaine du cinéma, de la photographie, de la publication et de la mode, y raconte, sous forme de thriller, un voyage dont la destination est inconnue, mais dont le sujet est parsemé d’étoiles, de dieux et de prophètes. On y retrouve un amalgame de styles cinématographiques, du film de fiction hollywoodien au cinéma-vérité, et tout autant de références allant des allusions à la mythologie grecque, au culte des célébrités, en passant par l’astrologie.

Activités à venir ?

Le volet des activités à venir du MAC dépendra, au même titre que ses expositions, des annonces gouvernementales et de l’avancement des travaux, à la fois au sein du musée et à la Galerie PVM. « Nous proposions auparavant des camps de jour, des moments créatifs et des activités de groupe, mais tout est au ralenti depuis un an. C’est difficile d’être un musée en ce moment », avoue Marine Godfroy.

On trouve néanmoins sur le site Web du MAC six ateliers de création en ligne qui permettent de manipuler chez soi des matériaux et de s’approprier des techniques en s’inspirant des œuvres de plusieurs artistes contemporains qui font partie de la collection du musée. « De telles activités numériques, tout comme les expositions virtuelles, deviendront des compléments incontournables même lorsque la pandémie sera chose du passé, affirme Mme Godfroy. Mais elles ne remplaceront jamais l’expérience muséale, le fait de se retrouver physiquement face à une œuvre. »

Rendez-vous dans quelques semaines pour savoir plus précisément comment le MAC compte nous surprendre cet été !

À voir en vidéo