Jean-Paul Riopelle, Caroline Monnet et une ode visuelle à la planète

Charlotte Mercille
Collaboration spéciale
Vue de l’exposition Ninga Mìnèh de Caroline Monnet au Musée des beaux-arts de Montréal
Photo: Denis Farley, MBAM Vue de l’exposition Ninga Mìnèh de Caroline Monnet au Musée des beaux-arts de Montréal

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

La saison estivale au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) sera ponctuée par la poursuite de l’exposition Riopelle, axée sur la relation du peintre avec l’art autochtone, une première exposition de Caroline Monnet en sol canadien, ainsi que par les voix diverses présentes derrière Écologies, qui réunit des œuvres récemment acquises portant sur les bouleversements climatiques et notre rapport à la nature.


 

Riopelle : à la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones

Jean-Paul Riopelle demeure à l’honneur durant l’été avec plus de 160 œuvres et 150 artefacts qui témoignent d’une empreinte nordique et autochtone sur le travail du célèbre peintre québécois. L’exposition retrace notamment l’influence des voyages de chasse et de pêche entrepris par l’artiste au cours des années 1970 dans le Grand Nord. C’est aussi l’occasion de voir une sélection de masques inuits et d’œuvres des Premières Nations habitant sur la côte Pacifique qui n’ont jamais été mis en parallèle avec le travail de cette figure marquante de l’art moderne. Des activités extérieures en famille en lien avec l’exposition seront également offertes.

Jusqu’au 12 septembre

Caroline Monnet : Ninga Mìnèh

La première exposition solo dans un musée canadien de Caroline Monnet sera à l’affiche pour une bonne partie de la saison estivale. À travers Ninga Mìnèh, qui signifie « la promesse » en langue algonquine, l’artiste d’origine anichinabée et française se penche sur la question de l’identité et de l’héritage de ses racines autochtones maternelles. Elle aborde aussi les répercussions de certaines promesses brisées par le gouvernement à l’égard des communautés autochtones du pays. Dix-huit œuvres récentes, pour la plupart inédites, seront dévoilées. Une partie d’entre elles traduisent les conditions de vie précaires imposées par le gouvernement canadien en vertu de la Loi sur les Indiens promulguée en 1876. Afin d’illustrer les conditions difficiles dans lesquelles les personnes autochtones vivent depuis, l’artiste utilise des matériaux comme des membranes pare-air, du gypse et de la laine minérale. L’installation in situ Pikogan (Abri), qui allie l’architecture ancestrale et contemporaine, complète l’expérience.

Jusqu’au 1er août

Yann Pocreau : Les impermanents

Réflexion poétique sur le temps, le cosmos et la photographie, Les impermanents rassemble des œuvres inédites de l’artiste multidisciplinaire québécois. L’exposition se veut l’aboutissement d’une résidence de création menée en 2016-2018 à la Fonderie Darling et parrainée par le MBAM, ainsi que d’un séjour à l’Observatoire du Mont-Mégantic en 2018. Les pièces qui en découlent témoignent des questions existentielles que l’exploration de l’astronomie et l’observation des astres ont générées. Parmi les pièces incontournables, on retrouve des cyanotypes tirés à la lumière du soleil et de la lune, une projection de diapositives dépeignant le lever et le coucher de la lune, ainsi que des photographies d’époque perforées, à l’image des 88 constellations qui composent la voûte céleste.

Jusqu’au 1er août

Écologies : ode à notre planète

L’exposition Écologies : ode à notre planète réunit une myriade d’œuvres issues de différents arts qui décrivent la relation entre les humains et la nature. Elle présente près de 90 œuvres pour la plupart faisant partie de la collection du MBAM, dont de récentes acquisitions signées par Olafur Eliasson, Charles Gagnon, Lorraine Gilbert, Jessica Houston, Claude Simard et plusieurs autres artistes. En parallèle de l’exposition, les visiteurs pourront admirer l’installation vidéo Requiem pour un glacier, un hommage de l’artiste Paul Walde interprété par 50 musiciens sur le glacier Farnham, en Colombie-Britannique. La performance musicale honore une zone touchée par le réchauffement et menacée par la construction d’une station de villégiature. Le projet controversé a été annulé à la suite d’un accord sur la création d’une aire protégée et de conservation autochtone dans la région du Qat’muk, sur des terres appartenant à la Première Nation Ktunaxa.

Jusqu’au 27 février 2022

GRAFIK ! Cinq siècles d’arts graphiques allemands et autrichiens

Première exposition axée sur l’art de la gravure en Allemagne et en Autriche au MBAM, GRAFIK ! offre 500 ans d’histoire de l’art germanique à travers 90 œuvres pour la plupart de gravure de bois, d’eau-forte et de lithographie. Cette sélection inclut aussi plusieurs nouvelles acquisitions du Musée. Certaines d’entre elles n’ont jamais été exposées au grand public, tandis que d’autres n’ont pas été admirées depuis de nombreuses années. L’exposition raconte les débuts de la démocratisation du texte et de l’image en Occident. On y fait d’ailleurs un clin d’œil aux débuts de l’imprimerie en Allemagne avec une page de la Bible de Gutenberg, le premier ouvrage publié en Europe à l’aide de caractères mobiles, et la Chronique de Nuremberg, l’un des premiers travaux d’impression illustrés. Cette dernière contient en tout plus de 1800 illustrations.

Jusqu’au 4 juillet

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