La justice reconnaît « l’exception de parodie » d’un peintre fusionnant Tintin avec Hopper

La société Moulinsart poursuivait pour contrefaçon et atteinte au droit moral d’Hergé le peintre français Xavier Marabout. 
Photo: Georges Gobet Agence France-Presse La société Moulinsart poursuivait pour contrefaçon et atteinte au droit moral d’Hergé le peintre français Xavier Marabout. 

Un tribunal français a débouté lundi la société Moulinsart qui poursuivait, pour contrefaçon et atteinte au droit moral d’Hergé, un peintre français dont les œuvres mêlent l’univers de Tintin et d’Edward Hopper.

Dans son délibéré, la chambre civile du tribunal judiciaire de Rennes (ouest de la France) a reconnu « l’exception de parodie » et « l’intention humoristique » du peintre français Xavier Marabout.

« L’effet est constitué par l’incongruité de la situation au regard de la sobriété suivie de la tristesse habituelle des œuvres de Hopper et de l’absence de présence féminine aux côtés de Tintin », estime le tribunal.

« Cet effet invite le spectateur à imaginer une suite », souligne le tribunal qui estime en outre que « M. Marabout sort de la critique, qu’il n’y a aucun risque de confusion entre Marabout et Hergé ».

Dans son délibéré, la chambre civile souligne en outre que Moulinsart S.A. « a dénigré » M. Marabout en écrivant à des galeries qui présentaient ses œuvres et en indiquant que ses œuvres étaient contrefaisantes.

« Le tribunal a estimé que c’est un dénigrement et a ajouté 10 000 euros de dommages et intérêts pour M. Marabout et 20 000 euros de frais d’avocat », a précisé Me Bertrand Emereux, conseil de l’artiste, qui s’est félicité d’une « excellente décision ».

Selon l’avocat, la société Moulinsart, qui gère les droits sur l’œuvre d’Hergé, réclamait entre 10 000 et 15 000 euros en dommages et intérêts, les ayants droit demandant d’autant plus que le peintre cesse « de parodier Tintin ».

Contacté par l’AFP, l’avocat de la société mandaté par la société Moulinsart n’était pas joignable.

Dans la vingtaine de toiles de sa série Tintin  Hopper qui s’est « très bien vendue » d’après l’artiste, on découvre le journaliste à la houppette représenté dans de célébrissimes toiles d’Edward Hopper, dans un univers très sexualisé.

Joint par l’AFP, Xavier Marabout, 53 ans, s’est réjoui du jugement. « Le tribunal reconnaît la liberté d’expression et l’attitude de dénigrement, c’est une victoire sur toute la ligne ».

Un autre artiste français, Christophe Tixier, alias Peppone, qui a sculpté des bustes inspirés de l’intrépide journaliste, est également poursuivi pour contrefaçon par Moulinsart. La décision du tribunal civil de Marseille sera connue le 17 juin.

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