L’artiste-peintre Kittie Bruneau est décédée à l’âge de 92 ans

L’artiste-peintre Kittie Bruneau
Photo: Nathalie Gilbert L’artiste-peintre Kittie Bruneau

L’artiste peintre Kittie Bruneau est décédée le 6 avril à l’âge de 92 ans. En esprit libre, elle aura traversé le dernier siècle en créant loin des écoles et des courants dominants. Son œuvre organique est ancrée dans ses expériences, tant en Gaspésie, où elle passait ses étés, que dans les nombreux pays du monde où elle a vécu.

« Elle a toujours été une femme dans la marge », dit le galeriste Éric Devlin, qui a organisé une exposition de Kittie Bruneau à Montréal en 2017, mais aussi une exposition hommage au musée Le Chafaud de Percé, en Gaspésie, en 2019. « Elle n’était pas une plasticienne du groupe de Molinari. Elle a toujours fait une peinture très indépendante et très libre. C’était un atome libre. »

Formée à l’École des beaux-arts à la fin des années 1940, Kittie Bruneau a ensuite vécu à Paris et ailleurs en Europe, où elle a fait la rencontre du groupe Cobra. « Ce sont des artistes qui sortaient des canons esthétiques et de la pensée très formaliste qui a eu cours dans les années 1970 », poursuit M. Devlin.

« Kittie Bruneau se définissait comme une artiste surréaliste qui aimait la vie », dit-il, ajoutant que ses tableaux « joyeux », souvent très colorés, sont aussi souvent « engagés politiquement ».

Il précise que le premier ministre François Legault a choisi une toile de Kittie Bruneau pour décorer son appartement de fonction à Québec.

Photo: Guy L’Heureux «Rocher dans la brume», Kittie Bruneau, acrylique sur papier, 2013

Le travail de Kittie Bruneau avait été présenté au Musée des beaux-arts de Montréal en 1962 et au Musée d’art contemporain en 1966.

« À l’été 1961, elle s’installe sur l’île Bonaventure, en face de Percé. À l’époque, environ 160 personnes vivent sur l’île avant qu’elle ne soit transformée en parc national et en refuge faunique par le gouvernement du Québec, au début des années 1970. Ce nouvel environnement marque rapidement les tableaux de Kittie Bruneau qu’elle présente à Montréal dans les années 1960. Cette peinture colorée, joyeuse, parfois grotesque, mais faussement naïve et empreinte de poésie, deviendra sa marque de commerce », écrit encore Éric Devlin.

« Ma peinture se lit comme un journal », disait Kittie Bruneau.

Grande voyageuse, Kittie Bruneau a aussi collectionné des influences en Inde, en Chine, en Haïti, au Guatemala, au Pérou et en Europe.

Pour Éric Devlin, elle est l’une des rares artistes à s’être intéressée aux cultures amérindiennes d’ici et d’ailleurs.