L’avenir de l’expérience muséale se dessine au MBAM

Charlotte Mercille
Collaboration spéciale
PRISME travaille à offrir des expériences de réalité virtuelle pour permettre de vivre une expérience immersive et multisensorielle à distance.
MBAM PRISME travaille à offrir des expériences de réalité virtuelle pour permettre de vivre une expérience immersive et multisensorielle à distance.

Ce texte fait partie du cahier spécial Musées

Depuis 2019, le laboratoire PRISME bourdonne d’activité dans le giron du pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Sa mission ? Développer la médiation numérique au sein du réseau muséal québécois.

C'est Charlène Bélanger qui a été embauchée pour porter le projet. Son équipe et elle consultent les musées, les entreprises technologiques et les universités pour bien saisir les enjeux numériques spécifiques au monde muséal. « On est constamment en collaboration avec les chercheurs. On crée de la connaissance, donc nous ne sommes pas juste dans le faire, mais aussi dans le comprendre », précise-t-elle.

Au fil des échanges, Charlène Bélanger a constaté un problème de communication entre les musées et les start-ups. « Ce sont des cultures qui parlent des langues différentes. Le laboratoire agit donc à titre d’interprète entre les deux grâce à des cellules d’innovation », explique la responsable des programmes éducatifs, recherche, innovation et médiation numérique du musée.

Quand la pandémie a frappé la province, PRISME a lancé un appel à la collaboration dans l’ensemble des musées du Québec. Plus de 60 professionnels ont partagé leurs préoccupations par rapport à la crise sanitaire. De cette première récolte d’informations, cinq cellules d’innovation ont vu le jour.

Outre la conception, PRISME offre aussi un espace d’expérimentation : 3500 testeurs sont venus jusqu’à maintenant participer à différents projets en gestation au laboratoire. L’endroit peut également accueillir des entreprises, des chercheurs et des artistes en résidences de création.

Des robots pour briser l’isolement

PRISME travaille notamment à offrir des expériences de réalité virtuelle aux élèves de la province à travers la plateforme éducative ÉducArt du MBAM. L’outil permettra aux étudiants de créer des expositions numériques à partir d’œuvres modélisées en 3D de la collection du musée.

« Pour les élèves vivant dans des régions éloignées, les chances de visiter une exposition du MBAM sont parfois très minces. L’ajout de la réalité virtuelle leur permet de vivre une expérience immersive et multisensorielle depuis le confort de leur classe », explique Charlène Bélanger.

En temps normal, le MBAM organise des activités de médiation pour certaines clientèles, comme les aînés. Or, ces derniers n’ont plus accès à ces services actuellement. Un groupe de six musées réunis par PRISME s’est donc attelé à la tâche de briser l’isolement dans les CHSLD grâce à des robots. À travers ces appareils, les médiateurs pourront aller rencontrer les résidents et leur faire visiter les expositions du musée dans le respect des consignes sanitaires.

D’ici la fin du mois de mars, l’équipe prévoit une première série de tests auprès de deux CHSLD volontaires. Si le tout se déroule bien, le programme pourra s’ouvrir à d’autres établissements vers le mois de mai.

En attendant, comme la plupart des autres musées de la province, le MBAM a rouvert ses portes le mois dernier. Il est donc de nouveau possible de s’y rendre pour contempler les œuvres en vrai. Au programme ce printemps, les influences autochtones de Riopelle, la peinture du Montréalais d’origine haïtienne Manuel Mathieu, les œuvres de l’artiste juif montréalais Yehouda Chaki et une rétrospective sur cinq siècles d’arts graphiques allemands et autrichiens. Un menu des plus éclectiques.

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