Exposition - Images de la Côte-Nord

Depuis trois ans, Yvon Bezeau a déjà consacré plusieurs milliers de dollars pour acquérir et rassembler des photos qui témoignent de la petite histoire de la Côte-Nord, en particulier de son village de Rivière-au-Tonnerre. «Ici, certains dépensent 10 000 $ pour un quatre-roues neuf. Moi, j'achète des copies de vieilles photos. Chacun ses affaires, chacun ses passions.»

Tandis que, tout près, des centaines de capelans roulent sur la grève comme des pièces d'argent dans la lumière du jour, Yvon Bezeau est installé tout l'été dans les attenances de la vieille église de bois du village de Rivière-au-Tonnerre. Il y présente une petite exposition de ses trésors iconographiques qu'il bonifie, pour le plaisir des visiteurs, par ses commentaires sur l'histoire locale. Grâce aux contributions volontaires qu'il propose au public pour voir sa petite exposition, il compte financer l'entretien de cette église centenaire construite grâce à l'ingéniosité des pêcheurs d'autrefois.

Peu à peu, des gens de toute la région ont pris l'habitude de venir le voir avec leurs vieilles photos. Parfois, il s'agit de véritables trésors ethnographiques qui témoignent de façon unique de la vie de toute une région. Traîneaux à chien — le «cométique», comme on dit en ce pays —, ponts de bois sur une rivière à saumons, pêcheurs du fleuve au siècle dernier, poissons ou cétacés de taille incroyable, naufrages aussi...

Les documents qu'il trouve, Yvon Bezeau les fait reproduire chez un photographe de Sept-Îles. Les originaux sont ensuite religieusement restitués à leurs propriétaires et les copies sont classées par thème.

À ce jour, il a constitué quelques dizaines de gros albums. «J'ai aussi fait des copies de certaines photos des Archives nationales du Québec et d'autres encore que j'ai trouvées en me promenant un peu partout. Je les remets ainsi avec celles que j'ai trouvées ici, dans leur situation, dans leur milieu naturel.»

Tandis que le fleuve donne chaque matin de nouvelles prises aux pêcheurs, Yvon Bezeau continue, du matin au soir, à tendre ses filets pour préserver et rendre plus accessible le patrimoine visuel de la Côte-Nord. Que fera-t-il plus tard avec toutes ses photos? Il n'en sait rien, pour l'instant.