L’artiste visuelle Francine Simonin s’éteint à l'âge de 84 ans

Francine Simonin (ici photographiée en 1991) s’était installée à Montréal depuis plus de 50 ans grâce à l’obtention d’une bourse d’études du Conseil des arts du Canada.
Photo: Serge Tremblay Francine Simonin (ici photographiée en 1991) s’était installée à Montréal depuis plus de 50 ans grâce à l’obtention d’une bourse d’études du Conseil des arts du Canada.

La peintre et graveuse Francine Simonin est décédée des suites d’un cancer vendredi, à l’âge de 84 ans. Originaire de Suisse, l’artiste visuelle vivait depuis plus de 50 ans à Montréal.

Francine Simonin est née à Lausanne en 1936. Elle obtient en 1958 son diplôme de l’École cantonale des beaux-arts de Lausanne et reçoit en 1963 la bourse fédérale des beaux-arts. En 1968, elle décide de s’installer à Montréal grâce à l’obtention d’une bourse d’études du Conseil des arts du Canada.

De 1970 à 1994, elle enseigne les arts plastiques à l’Université du Québec à Trois-Rivières tout en continuant son art. Au cours de sa carrière, elle a présenté plus de 200 expositions individuelles, principalement en Suisse, en France, aux États-Unis, en Espagne et au Canada. Son œuvre a notamment été exposée au Musée d’art contemporain de Montréal en 1975.

« Francine vivait pour son art. Le loisir était le travail et le travail était le loisir. Elle avait un besoin viscéral de produire. Son œuvre est gigantesque », confie en entrevue Louis Lacerte, son galeriste québécois depuis plus de 30 ans.

Illustration: Francine Simonin «Vue de ma fenêtre» de Francine Simonin

Il s’est dit très touché par la disparition de celle qui était devenue « sa fidèle amie ». Il la décrit comme une personne « entière », « très généreuse », mais aussi « très exigeante » envers elle-même. Il admirait beaucoup son travail et la découvrait à travers chacune de ses œuvres. « J’étais à son atelier [dimanche], j’ai trouvé deux tableaux que je n’avais jamais vus, peut-être ses deux dernières œuvres. Du travail incroyable ! Même dans les dernières années, malgré son âge avancé, elle avait encore beaucoup d’énergie et le goût de transmettre comme artiste. »

La dernière exposition de Francine Simonin pour la Galerie Lacerte, à Montréal, remonte à 2018 et s’intitule Vu de ma fenêtre. Elle était constituée de gravures inspirées du lac Léman, en Suisse, près de son lieu de naissance. « Chaque été, c’était son petit rituel, elle retournait en Suisse pour travailler la gravure. Dans les années 1980, elle s’était acheté un appartement en face du lac Léman, mais du côté français. Elle adorait cet endroit », raconte M. Lacerte.

Durant sa carrière, Francine Simonin a reçu de nombreux prix et distinctions, que ce soit au Québec ou àl’international. Elle a, entre autres, reçu le prix de la première Biennale suisse de gravure à Genève en 1968, le prix Loto-Québec, à Montréal, en 1981, le prix Irène-Reymond pour l’ensemble de son œuvre, à Lausanne, en 1986, mais aussi le prix de l’estampe à la Biennale du dessin, de l’estampe et du papier à Alma, en 1993. En 2004, le Musée national des beaux-arts du Québec lui a remis le prix de la Fondation Monique et Robert Parizeau pour l’ensemble de son œuvre gravée.

Plusieurs de ses œuvres sont encore présentes dans différents musées et institutions publiques, notamment au Musée national des beaux-arts du Québec, à la Bibliothèque nationale de France et dans plusieurs musées en Suisse. Le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul organisera une exposition rétrospective de son œuvre l’année prochaine.