Le MBAM va réviser sa gouvernance

La structure de gouvernance et de direction du MBAM sera revue «en profondeur», a annoncé jeudi le conseil d’administration du musée.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir La structure de gouvernance et de direction du MBAM sera revue «en profondeur», a annoncé jeudi le conseil d’administration du musée.

Il y aura un héritage à la saga provoquée par le renvoi de Nathalie Bondil au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) : la structure de gouvernance et de direction du musée sera revue « en profondeur », a annoncé jeudi le conseil d’administration de l’institution.

C’est l’ancienne directrice du Devoir et présidente de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Lise Bissonnette, qui pilotera ce chantier en compagnie de Pierre A. Raymond, qui a longtemps œuvré au cabinet d’avocats Stikeman — et qui a une longue expérience des conseils d’administration.

« L’exercice qui sera entrepris vise à actualiser et à optimiser la structure de gouvernance et de direction du musée pour la rendre plus efficace et mieux adaptée » aux besoins des employés, des bailleurs de fonds publics, des donateurs et des membres, soutient un communiqué émis par le MBAM.

Le nouveau président du conseil d’administration, Pierre Bourgie, évoque une « étape importante dans l’histoire » du MBAM.

Ce que le conseil appelle la « structure de gouvernance » est composée de deux morceaux législatifs : la Loi sur le MBAM et le Règlement sur l’administration générale du Musée. Or, les deux datent du début des années 1970. Et depuis, « les opérations se sont sensiblement développées. Le contexte culturel, social, économique et financier a beaucoup évolué et l’encadrement du musée doit refléter cette transformation », mentionne-t-on.

Accompagner Québec

La démarche du conseil s’inscrit en parallèle de celle du gouvernement du Québec, qui a promis le 24 septembre de « revoir la Loi sur le MBAM ». La ministre de la Culture, Nathalie Roy, venait de recevoir le rapport d’un expert qu’elle avait mandaté précisément pour étudier la question de la gouvernance du musée.

« Il ressort très clairement du rapport qu’il y a un problème de gouvernance au MBAM et qu’on n’a pas les meilleures pratiques possibles », avait résumé Mme Roy au Devoir. « En tant que ministre responsable — on donne 16 millions par année —, il est impératif de faire des correctifs. »

Le rapport de Daniel Beaupré recommandait en effet une modernisation de la structure de gouvernance de l’institution. Il relevait que la crise qui secoue le MBAM depuis le mois de juillet a mis en lumière des « incohérences, des incompréhensions et des imprécisions quant aux éléments de loi et de réglementation », et parlait de « quiproquos considérables » quant au rôle et aux responsabilités des uns et des autres.

« En menant cette réflexion, le Musée assure le ministère de la Culture de sa meilleure collaboration à l’exploration de pistes de réforme à privilégier », soutient le communiqué publié jeudi par le MBAM.

Le travail de Mme Bissonnette et de M. Raymond « passera entre autres par une analyse du rapport » Beaupré. Le conseil indique également que les deux consultants — qui travailleront bénévolement — vont se pencher sur la « nécessité d’actualiser les modalités de reddition de compte visant à assurer une saine gestion des fonds publics consentis au Musée et les meilleures pratiques en matière d’encadrement réglementaire et de structure de gouvernance d’institutions muséales comparables en Amérique du Nord. »

Congédiée en juillet, Nathalie Bondil était directrice générale et conservatrice en chef du MBAM. Le conseil d’administration a justifié son renvoi par la « toxicité » du climat de travail au musée et le « déni » de Mme Bondil à bien reconnaître cette situation.

Dans une poursuite de deux millions qu’elle a depuis déposée contre le conseil du Musée des beaux-arts, Mme Bondil allègue plutôt avoir été remerciée à cause de son « refus d’entériner publiquement le processus irrégulier qui a mené à l’embauche de la directrice de la conservation du MBAM », Mary-Dailey Desmarais.