Un membre du MBAM veut forcer le C.A. à tenir une assemblée spéciale

Le 28 juillet dernier, 110 membres du MBAM ont justement lancé une pétition pour réclamer la tenue d’une assemblée spéciale.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le 28 juillet dernier, 110 membres du MBAM ont justement lancé une pétition pour réclamer la tenue d’une assemblée spéciale.

Un membre du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) s’est tourné vers les tribunaux mardi espérant forcer le Conseil d’administration du musée à tenir une assemblée spéciale pour discuter du remplacement de onze de ses membres à la suite du congédiement controversé de l’ex-directrice générale Nathalie Bondil.

Dans sa demande introductive d’instance en injonction, Serge Jean Laviolette demande à la Cour supérieure d’intervenir pour forcer la tenue d’une telle assemblée. Il fait valoir que selon l’article 72 du Règlement du Musée, « une assemblée spéciale des membres de la corporation peut être convoquée à la demande du président du conseil d’administration ou sur demande écrite de 100 membres. »

Or, le 28 juillet dernier, 110 membres du MBAM ont justement lancé une pétition pour réclamer la tenue d’une assemblée spéciale afin que le C.A. justifie sa décision de congédier Mme Bondil et que soit envisagé le remplacement de onze de ses membres, dont son président, Michel de la Chenelière.

Une demande rejetée par le C.A. le 3 août. Dans sa réponse aux membres, Michel de la Chenelière a indiqué que « le processus d’élection des administrateurs du Musée est encadré de façon précise et ne permet pas la présentation de candidatures et l’élection d’administrateurs lors d’une assemblée spéciale des membres. »

Les membres signataires de la pétition ont réitéré leur demande auprès du C.A. le lendemain mais sont restés depuis sans réponse. D’où cette demande aux tribunaux.

« Il n’appartient pas au conseil d’administration et encore moins au président du conseil de décider a priori du bien-fondé de la Demande de convocation », peut-on lire dans la demande de Serge Jean Laviolette. « Le processus démocratique et corporatif doit être respecté et l’assemblée tenue ».

Depuis le congédiement le 13 juillet dernier de Nathalie Bondil — qui dirigeait le musée depuis 2007 et dont le mandat allait jusqu’en 2021 —, le sujet fait débat et polarise le milieu.

Le C.A. a justifié sa décision par le refus de Mme Bondil de s’attaquer aux problèmes de harcèlement psychologique au Musée. De nombreuses voix de personnalités publiques et d’acteurs du milieu se sont toutefois élevées pour défendre l’ex-directrice générale. Plusieurs accusent le C.A. d’ingérence et de manque de transparence dans ce dossier.

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a d’ailleurs mandaté une firme indépendante pour déterminer s’il y a un « problème de gouvernance » au Musée, et cela, aux frais du gouvernement.

Dans une lettre envoyée au Devoir lundi, plus d’une centaine d’employés et d’ex-employés ont voulu remettre les pendules à l’heure et braquer les projecteurs sur le problème initial : le climat de travail « malsain » qui régnait depuis des mois sous la gouverne de Mme Bondil. Ils font état d’un climat de « peur » et de « stress », affirmant que les employés n’avaient jamais leur mot à dire, que ce soit pour critiquer « la gestion intimidante » ou faire valoir leurs idées sur les différents projets.

Le Musée et son C.A. n'ont pas souhaité s'exprimer à ce sujet.


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