Oeuvres d’art projetées chez soi

L’application «Collectionner»<i> </i> est gratuite et sera lancée jeudi.
Photo: Association des galeries d’art contemporain L’application «Collectionner» est gratuite et sera lancée jeudi.

Si les collectionneurs ne se rendent pas aux galeries, il faut que les galeries se rendent à eux. C’est un peu le concept derrière la toute nouvelle application numérique Collectionner, lancée par l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC) et développée en partenariat avec le groupe Dpt.

Cette application, qui regroupe les images d’un millier d’œuvres d’art contemporain provenant d’une quarantaine de galeries canadiennes, permet aux collectionneurs potentiels de projeter l’image de l’œuvre d’art convoitée sur les murs de leur propre maison, pour juger de l’effet qu’elle aurait.

Le produit avait été développé par l’AGAC bien avant la pandémie. Elle devait être dévoilée officiellement à la foire Papier 2020 de Montréal, qui ne se tiendra finalement que virtuellement du 4 au 21 juin prochain.

« La réalité augmentée permet de visualiser les œuvres d’art des galeries membres de l’AGAC à l’échelle des murs » de votre maison ou du bureau où vous voulez la placer, explique Marie-Christine Dubé, agente de développement culturel et numérique pour l’AGAC.

Cet outil gratuit, qui sera lancé officiellement jeudi, survient dans le contexte du déconfinement des commerces montréalais.

« Mais il y a beaucoup de galeries d’art qui n’ont pas pignon sur rue et qui ne pourront pas ouvrir. C’est le cas de celles qui logent dans l’édifice Belgo, par exemple, ou du pôle de Gaspé », ajoute Mme Dubé.

 

Toutes les galeries représentées par l’AGAC sont installées dans des lieux physiques, « c’est l’un des critères d’adhésion à l’Association », explique-t-elle.

D’ailleurs, l’application numérique n’entend pas remplacer la contemplation physique d’une œuvre d’art en galerie, précise-t-elle. Elle peut cependant aider l’acheteur à visualiser l’œuvre dans ses propres quartiers.

« L’idée est d’aider les galeries à rejoindre le plus de collectionneurs partout dans le monde et de faciliter la prise de décision. Cela ne va pas enlever la pertinence de voir l’œuvre véritable. Mais cela demande beaucoup d’imagination de visualiser les œuvres dans notre décor. Il y a des galeries qui proposent des périodes d’essai, mais il faut alors payer le transporteur, et il y a un facteur de risque. Avec cet outil, on veut faciliter la période de transition », dit-elle.

S’arrimer au confinement

Depuis le début de la pandémie, certaines galeries ont dû s’adapter pour présenter des vernissages prévus, en tournant par exemple des vidéos avec des artistes au milieu de leur exposition. « On fournit une boîte en ligne pour aider les galeristes », résume Mme Dubé.

La foire Papier physique de Montréal ayant finalement cédé le pas à une foire virtuelle, dans l’incertitude du moment, ses organisateurs ont eux aussi dû ajuster le tir.

Ils ont fait migrer en ligne tous les contenus éducatifs, tables rondes et autres activités, en plus de proposer aux intéressés des visites guidées interactives données par les galeristes.

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