MNBAQ: Frida et Diego à la maison

André Lavoie Collaboration spéciale
Nickolas Muray, «Frida Kahlo sur un banc #5», 1939
Photo: © 2020 Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums Trust, Mexico, D.F. / SOCAN Nickolas Muray, «Frida Kahlo sur un banc #5», 1939

Ce texte fait partie du cahier spécial La culture dans votre salon

« Le vendredi 13 mars, les salles étaient pleines, les gens ayant appris qu’il fallait fermer », se souvient avec tristesse Marie-Hélène Raymond, coordonnatrice à la stratégie numérique du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).

Jusque-là, le succès de l’exposition Frida Kahlo, Diego Rivera et le modernisme mexicain, inaugurée le 13 février dernier, ne faiblissait pas, atteignant plus de 50 000 visiteurs. Les mesures de confinement pour contrer la pandémie de COVID-19 ont changé la donne, et, pour la coordonnatrice, c’était le moment « de déployer au maximum nos efforts numériques », processus entamé depuis quelques années avec le soutien du Plan culturel numérique du Québec. On peut d’ailleurs admirer en ligne plus de 40 000 œuvres de la collection duMNBAQ, et certaines salles, dont celle consacrée aux 350 ans de pratique artistique au Québec, y sont représentées entièrement.

Pour l’exposition hivernale à succès, qui comptait en tout 150 éléments, dont 20 œuvres de Frida Kahlo et 10 de Diego Rivera, une complète migration vers le Web se révélait chose impossible, pour d’évidentes questions de droits d’auteur. Mais dans les limites des moyens technologiques du MNBAQ, et des autorisations déjà négociées, un contact virtuel est devenu possible pour les visiteurs qui voudraient revivre l’expérience, et tous les autres qui en sont privés.

Douze photographies tirées de l’exposition servent de jalons à un parcours guidé par les acteurs Tobie Pelletier et Ariane Bélanger, dont la voix a servi pour l’audioguide conçu par le MNBAQ. On peut ainsi refaire la trajectoire artistique de ces créateurs exceptionnels, dans un agréable assemblage de sons et d’images — à défaut de déambuler dans le lumineux pavillon Pierre-Lassonde.

« Je vois le numérique comme un à-côté, une préparation, un complément », admet Marie-Hélène Raymond, pour qui l’expérience d’être devant une œuvre est irremplaçable. Dumême souffle, elle dit considérer Internet comme un formidable outil d’accessibilité culturelle, et encore plus en ces temps difficiles. « Ceux et celles qui pensaient que ce virage pouvait attendre n’ont, je crois, rien compris. Et une des rares belles choses de cette crise, c’est la créativité et l’ouverture d’esprit des gens, au musée comme ailleurs. »