Musée en quarantaine à Joliette

Catherine Couturier Collaboration spéciale
«Adèle rugissant», Raphaëlle Groulx-Julien, avril 2020
Photo: Musée d’art de Joliette «Adèle rugissant», Raphaëlle Groulx-Julien, avril 2020

Ce texte fait partie du cahier spécial La culture dans votre salon

Même si l’édifice du Musée d’art de Joliette est pour l’instant vide, l’équipe est loin d’être restée inactive depuis le début du confinement.

Le 15 mars, jour où les musées du Québec ont dû se mettre en quarantaine, le directeur général et conservateur en chef du Musée d’art de Joliette (MAJ) a réuni son équipe : « J’ai voulu les rassurer, mais aussi faire des plans. Qu’est-ce qu’on pouvait faire pendant la fermeture ? Nous avons décidé de revenir à la base, en nous demandant quel était notre rôle dans la société », raconte Jean-François Bélisle. Ainsi est né Musée en quarantaine, une plateforme virtuelle où le public peut réfléchir et poser des questions sur les grands enjeux de société.

Chaque jeudi, la thématique hebdomadaire est annoncée. Les gens sont invités à envoyer une œuvre de leur cru. Des contenus préparés par les professionnels du MAJ et rattachés à la thématique sont aussi diffusés sur le blogue et les médias sociaux. Le département d’éducation a également conçu des trousses éducatives pour les enfants et des trousses pour les aînés.

« On a adapté le principe de nos saisons thématiques à Musée en quarantaine », explique le directeur général. En effet, le MAJ a l’habitude de faire dialoguer ses expositions, en les regroupant en « saison thématique ». Pour le confinement, le musée a choisi des thèmes qui avaient déjà été traités ou qui le seront dans ses expositions physiques : identité nationale, empathie, art et spiritualité, critique institutionnelle… « On n’a pas parlé de confinement ni de coronavirus. On essaie de créer avec notre communauté un contexte d’échange différent, plus créatif, peut-être », poursuit M. Bélisle.

Enfants, adultes, familles, artistes amateurs ou même professionnels ont participé jusqu’à aujourd’hui, et l’ensemble des œuvres est publié sur le site de Musée en quarantaine chaque jeudi. « La qualité des œuvres qu’on reçoit est remarquable », remarque M. Bélisle.

Ce saut dans le virtuel pour le MAJ, qui n’avait pas encore conçu d’exposition virtuelle, s’est avéré très positif. « On a reçu beaucoup de commentaires ; ça fait du bien aux gens, ils en avaient besoin », se réjouit M. Bélisle.