Décloisonner l’art contemporain au MAC

Catherine Martellini Collaboration spéciale
L’œuvre «A Lot of Sorrow» (2013-2014), © Ragnar Kjartansson et The National
Photo: Elisabet Davids L’œuvre «A Lot of Sorrow» (2013-2014), © Ragnar Kjartansson et The National

Ce texte fait partie du cahier spécial La culture dans votre salon

Qui n’a pas déjà buté contre une oeuvre en cherchant désespérément à en trouver la signification ? Si ces questionnements font partie intégrante de l’expérience artistique, rien n’empêche de la renforcer ensuite avec des renseignements complémentaires.

C'est ce que s’est donné comme mission le Musée d'art contemporain de Montréal (MAC), notammentavec la section multimédia de son site Web, où l’on peut découvrir à son rythme le travail de certains artistes au moyen d’entrevues avec ces derniers, mais aussi avec des conservateurs et des gens d’autres milieux.

John Zeppetelli, directeur général et conservateur en chef du MAC, et d’autres intervenants, dont l’écrivaine Kim Thúy, commentent ainsi les œuvres engagées de l’artiste Teresa Margolles, y compris sa bouleversante Pesquisas, une œuvre photographique brutale qui comprend le visage de femmes disparues de la ville de Juárez, au Mexique. Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec, fait d’ailleurs un parallèle avec la situation des femmes autochtones disparues au Québec.

Certains parcours muséaux prennent parfois plusieurs heures si on visionne assidûment tout le matériel mis à notre disposition. C’était le cas de l’exposition de l’artiste islandais Ragnar Kjartansson, présentée en 2016, dont l’œuvre A Lot of Sorrow, présentait la performance du groupe The National qui jouait 105 fois d’affilée la pièce Sorrow. Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de l’écouter jusqu’à la fin, faute de temps, l’artiste revient sur cette œuvre colossale, de même que sur The Visitors.

Le MAC a même mis à la disposition du public des microsites qui permettent carrément de refaire le parcours muséal de grandes expositions. On peut ainsi virtuellement suivre l’exposition Les temps inachevés, de Patrick Bernatchez, en cliquant sur une salle après l’autre pour accéder à une panoplie de renseignements sur les œuvres que chacune d’entre elles a abritées.

Le blogue comprend également plusieurs billets qui apportent un éclairage nouveau sur certaines œuvres, notamment sous la rubrique judicieusement appelée Osez la question. On y apprend, par exemple, que la peinture Famous Face (1987), de Shirley Wiitasalo, ne cache peut-être pas un visage, comme son titre l’indique pourtant, mais serait peut-être une tentative pour déjouer cette tendance à toujours déceler des visages humains ou autres figurations là où il n’y en a pas.

Le MAC prévoit de bonifier son offre virtuelle dans les prochaines semaines.