Le MAC investira davantage dans l’art québécois

John Zeppetelli, directeur général et conservateur en chef du Musée d’art contemporain de Montréal
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir John Zeppetelli, directeur général et conservateur en chef du Musée d’art contemporain de Montréal

Le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) consacrera l’ensemble de son budget d’acquisition de la prochaine année à l’achat d’œuvres d’ici, pour soutenir les artistes québécois et vivant au Québec affectés par la pandémie. Et il espère que cet investissement de 300 000 $ sera doublé par sa fondation au cours de la prochaine année.

C’est ce que le directeur général et conservateur en chef du MAC, John Zeppetelli, a annoncé mercredi. Parallèlement, M. Zeppetelli a dit avoir bon espoir que le projet d’agrandissement du MAC pourra suivre son cours, à la lumière d’une annonce faite dans la Gazette officielle du Québec, le 15 avril dernier, de l’octroi d’une somme de 18 millions de dollars à ce projet.

D’ici là, le MAC espère, comme bien d’autres, que les activités du musée reprendront assez tôt pour permettre la tenue de l’exposition d’œuvres québécoises, qui était prévue en juillet prochain.

Le pourcentage d’achat d’œuvres québécoises par le MAC varie d’année en année, explique M. Zeppetelli. Mais le Musée achète en général 70 % d’œuvres d’ici avec un budget d’acquisition de 300 000 $. Ces œuvres sont souvent moins chères sur le marché de l’art que les œuvres étrangères.

L’investissement du MAC vise à redonner un peu de souffle à l’écosystème de l’art visuel québécois touché par la crise de la COVID-19. Déjà, John Zeppetelli s’inquiète du fait que certains artistes, affectés par des fermetures d’atelier ou des retards de fournisseurs, par exemple, ne puissent pas terminer leur production à temps pour participer à l’exposition de cet été. « C’est notre responsabilité de commencer à agir pour soutenir cet écosystème », dit-il.

Il précise que le Musée compte également faire des acquisitions auprès d’artistes qui ne sont pas nécessairement représentés par des galeristes. Il souhaite aussi accentuer sa représentation d’artistes vivant à l’extérieur de la région administrative de Montréal.

Le directeur espère pouvoir consacrer « un bon 30 % » de son budget à des artistes vivant en région. « On veut qu’il y ait une bonne répartition de cet argent. On veut une parité de genres et une représentation de la diversité culturelle, des communautés autochtones par exemple », dit-il.

C’est notre responsabilité de commencer à agir pour soutenir cet écosystème

De son côté, la Fondation du MAC lance immédiatement une collecte de fonds auprès de ses partenaires pour participer à cet effort.

« Il était urgent pour nous, à la Fondation du MAC, de développer un projet philanthropique pertinent et cohérent en ces temps de grande précarité. Bonifier le budget d’acquisition du Musée grâce à une campagne de financement nous est apparu comme le geste le plus évident et le plus concret pour soutenir positivement les artistes et les galeristes d’ici. Nous nous donnons l’objectif de rallier des partenaires financiers à la cause et nous invitons l’ensemble de nos visiteurs, membres et amateurs d’art et de culture à faire un geste. L’idée est de fédérer pour avoir le plus grand impact. Chaque geste compte », a dit Anne-Marie Barnard, directrice générale de la Fondation du MAC.

Au cours des prochaines années, la Fondation du MAC devra également fournir de gros efforts pour compléter le budget prévu pour l’agrandissement des espaces du MAC. Ce projet a été retardé au cours de la dernière année à cause d’un dépassement de 8 millions de dollars des budgets projetés.

Selon John Zeppetelli, l’annonce récente du gouvernement du Québec vient calmer les incertitudes à ce sujet, mais les travaux ne seront pas prêts à être entamés avant au moins un an.

D’ici là, le MAC, comme les autres établissements muséaux québécois, a été invité à réfléchir à un plan de relance pour l’après-crise de la COVID-19.

« Il y a énormément de travail à faire » en matière d’organisation du personnel, des espaces et des équipements, pour assurer la santé et la sécurité de tous, reconnaît-il. « Mais on a besoin des musées, ce sont des services essentiels », dit-il.