Matériel en transition

L’œuvre «Métaphores mortes» d’Amélie Proulx, présentée dans le cadre de l’exposition «ce qui du monde se prélève permet à l’œil de s’ouvrir», montre des plantes en céramique.
Photo: Amélie Proulx L’œuvre «Métaphores mortes» d’Amélie Proulx, présentée dans le cadre de l’exposition «ce qui du monde se prélève permet à l’œil de s’ouvrir», montre des plantes en céramique.

Adieu salles, présentoirs, cadres suspendus, l’exposition virtuelle est arrivée. Prévue en pleine crise du coronavirus, l’exposition ce qui du monde se prélève permet à l’œil de s’ouvrir, qui réunit les œuvres de quatre artistes montréalaises de différentes générations à la Galerie de l’UQAM, se tiendra finalement en ligne.

Ironiquement, cette exposition avait notamment pour thème la transformation des objets, la fragilité de la réalité et comment des matériaux ne sont pas, finalement, ce qu’ils donnent à voir.

Ainsi, les murs de la Galerie de l’UQAM, qu’on peut voir sur le site en ligne, sont plutôt des modélisations des murs réels, qu’on montre comme portant les œuvres présentées. Une publication, téléchargeable en ligne sur le site de la Galerie de l’UQAM, complète la présentation.

L’expo ce qui du monde se prélève permet à l’œil de s’ouvrir met en scène les œuvres plastiques de Maude Arès, Amélie Proulx, Giorgia Volpe et Shabnam Zeraati. L’ensemble de l’exposition a été conçu par les étudiants en histoire de l’art de Véronique Leblanc, à l’UQAM.

Les thèmes sont issus de discussions collectives tenues en classe, en début de session. « Je leur demande ce qui les intéresse, ce qui les préoccupe, ce qui les empêche de dormir », raconte Véronique Leblanc.

Les thèmes des changements climatiques, des mouvements migratoires, de la violence et de la relation au territoire ont fait surface, ainsi que la notion d’écosophie.

Ce concept, mis en avant par Félix Guattari, décline l’écologie en trois volets, écrivent Daphnée Cardinal et Béatrice Larochelle dans la postface de la publication : le volet environnemental, le volet social et le volet mental.

« La nature peut-elle remodeler les traces de l’existence humaine inscrites dans le sol du temps ? » demande-t-on dans la publication collective.

Je leur demande ce qui les intéresse, ce qui les préoccupe, ce qui les empêche de dormir

Démarches variées

Parmi les œuvres présentées, on trouve notamment les plantes en céramique d’Amélie Proulx, les gravures et sculptures d’espèces en disparition de Shabnam Zeraati. Pour Mylène Landry, Maude Arès « nous fait traverser des microcosmes issus d’un monde imaginaire qui incarnent la mémoire de la matière ». L’une des œuvres de Maude Arès évoque le voyage de l’algue dans la rivière, entre le courant et les pierres. À travers des épreuves argentiques ou des impressions numériques, Gorgia Volpe propose des formes en mouvement, comme issues d’un passé lointain et en transformation vers un futur incertain.

Rendue inaccessible par le confinement, la matérialité même des œuvres semble nous échapper.

« Déjà, on avait pensé au concept de médiation numérique », pour des motifs environnementaux, poursuit Véronique Leblanc.

L’exposition est présentée en page d’ouverture de la Galerie de l’UQAM jusqu’à dimanche prochain, mais elle demeurera sur le site durant un certain temps.

Les visiteurs peuvent également participer à un concours et à des jeux en ligne. On leur propose notamment de résumer l’exposition en un seul mot.

ce qui du monde se prélève permet à l’oeil de s’ouvrir

Exposition virtuelle de Maude Arès, Amélie Proulx, Giorgia Volpe et Shabnam Zeraati. Présentée sur le site galerie.uqam.ca du 20 au 26 avril.