La murale de Pellan pourrait être conservée en un seul morceau

La murale s’inspire des enluminures du Haut Moyen Âge.
Caroline Denommée architecte inc. La murale s’inspire des enluminures du Haut Moyen Âge.

La ville de Granby entrera en contact avec le Centre de conservation du Québec pour prendre une décision concernant la murale d’Alfred Pellan, ornant une ancienne école de la ville, qui est menacée de démantèlement.

La directrice de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, Cecilia Capocchi, qui s’inquiétait du sort de la murale, avait contacté le directeur général de la Ville, Michel Pinault, plus tôt dans la journée pour lui faire part de ses préoccupations quant au projet de démantèlement en cinquante morceaux et de remisage de la murale, révélé dans La Voix de l’Est cette semaine.

Cette murale, conçue en 1958 par Alfred Pellan, et réalisée par Claude Théberge, s’inspire des enluminures du Haut Moyen Âge. Alfred Pellan est notamment l’initiateur du manifeste Prismes d’yeux, diffusé quelques mois seulement avant le Refus global, en 1948. Prismes d’yeux revendiquait la libre expression de toutes les formes artistiques, y compris l’art traditionnel. La murale de Granby a été réalisée à même les murs de ce qui était alors l’école Saint-Patrick, destinée à la communauté irlandaise catholique de la ville. D’une taille de douze pieds sur six, elle a été réalisée sur un panneau de béton, à l’aide de carreaux de céramique d’un pouce carré.

« Dans les dernières années, l’édifice a été utilisé par la MRC de la Haute-Yamaska, explique Mme Capocchi. Mais cet édifice ne convient plus aux besoins de la MRC. C’est un vieil édifice. Ils ont décidé de le démolir et de le reconstruire. »

Dans les plans préliminaires du nouvel édifice, on prévoyait de conserver la murale dans le hall d’entrée, poursuit-elle. « Pour des raisons techniques, elle ne pourra pas être réinstallée », confirme Michel Pinault. Dans un premier temps, la ville de Granby, qui est propriétaire de la murale et de l’édifice, a consulté l’entrepreneur André Domon, qui proposait de démanteler la murale en une cinquantaine de morceaux pour procéder à son entreposage, en attendant qu’on lui trouve une nouvelle vocation.

« J’ai approché le Centre de conservation du Québec pour leur demander leur avis, explique Mme Capocchi. Ils m’ont confirmé que c’était une opération très délicate que de démanteler une œuvre d’art. Cela demande un savoir-faire très pointu ».

Jeudi, Michel Pinault confirmait que toute cette réflexion demeurait « à un stade très préliminaire », puisque les plans du nouvel édifice ne sont même pas encore terminés. « J’ai demandé à mon équipe de regarder du côté du Centre de conservation », a-t-il dit. Après avoir discuté avec un ingénieur de la Ville, M. Pinault a aussi confirmé qu’il n’était pas hors de question de remiser la murale en un seul morceau. « C’est sûr que cela fait partie du patrimoine architectural et culturel », dit-il.

M. Pinault prévoit par ailleurs que cette murale pourrait éventuellement être réaménagée dans un autre espace. « On a un sarcophage romain qui était dans un parc et qui a été réaménagé dans le hall de la bibliothèque lorsque celle-ci a été rénovée », mentionne-t-il. « Mais évidemment, on ne construit pas de nouveaux édifices à tous les ans. »