Les voleurs rendent la main du totem au MBAM

La main gauche du «Mât totémique du pensionnat», sculpté par l’artiste Charles Joseph et exposé depuis deux ans devant le Musée des beaux-arts de Montréal, avait été subtilisée le 20 septembre dernier.
Photo: MBAM La main gauche du «Mât totémique du pensionnat», sculpté par l’artiste Charles Joseph et exposé depuis deux ans devant le Musée des beaux-arts de Montréal, avait été subtilisée le 20 septembre dernier.

La main gauche du mât totémique autochtone réalisé par Charles Joseph, et posté depuis deux ans devant le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), a été rendue dans la nuit de mardi à mercredi par ceux qui l’avaient subtilisée le 20 septembre dernier.

Le gardien de nuit du MBAM a retrouvé la main du totem, accompagnée d’une lettre d’excuses anonyme de ceux qui l’avaient volée, dans un sac, devant la sculpture du soleil de Chihuly. Le MBAM a donc décidé de retirer la plainte qu’il avait faite à la police après le vol.

Lettre d’excuses

Dans leur lettre anonyme, rédigée en anglais, les voleurs disent avoir agi en état d’ébriété lorsqu’ils ont décidé de voler la main. « Nous n’avions aucune idée de la valeur de ce totem », ont-ils écrit. « Dès que nous nous sommes rendu compte de ce qu’il représentait pour tant de gens, nous avons eu mal au ventre. […] Nous étions simplement ignorants de ce qu’il symbolisait, et nous avons décidé de rapporter la main. Nous sommes désolés, vraiment désolés de toute la souffrance ou la colère que nous avons causées ».

De son côté, la directrice du MBAM, Nathalie Bondil, s’est dite soulagée de « constater que la sagesse l’emporte sur l’ébriété. La lettre d’excuses sincères que nous avons reçue de nos délinquants d’un soir montre que l’art éduque et sensibilise sur les questions les plus importantes, notamment la réconciliation avec les Premiers Peuples. Le Musée retire donc sa plainte ».

Le Mât totémique des pensionnats, sculpté par l’artiste Charles Joseph, rend hommage à tous les enfants, dont Joseph fait partie, qui ont été placés de force dans des pensionnats par les communautés religieuses. L’anneau de cèdre y représente la sécurité ; la femme sauvage, la culture traditionnelle ; l’orque, la mémoire ; le corbeau, la collusion entre l’Église et l’État ; l’ours, la force et la sagesse ; le renard arctique, le passé.