Les «Iris bleus» vont rester au pays

Le tableau «Iris bleus, jardin du Petit Gennevilliers» (détail)
Photo: Domaine public Le tableau «Iris bleus, jardin du Petit Gennevilliers» (détail)

Le Musée des beaux-arts de l’Ontario a finalement fait l’acquisition du tableau Iris bleus, jardin du Petit Gennevilliers, l’oeuvre du peintre français Gustave Caillebotte qui avait semé la controverse après son acquisition par un marchand d’art britannique en 2016. La Commission canadienne des exportations de biens culturels avait alors jugé que l’oeuvre était trop importante pour qu’on la laisse quitter le pays, et avait refusé de délivrer un permis d’exportation.

Ce tableau, peint en 1892 peu avant le décès de l’artiste, avait été acquis par le marchand britannique pour la somme de 678 500 $ en 2016, lors d’une vente aux enchères tenue par Heffel. Le Musée des beaux-arts de l’Ontario l’aurait pour sa part racheté pour plus d’un million de dollars, notamment à l’aide d’une subvention de quelque 540 000 $ de Patrimoine canadien. Cette subvention représente moins de la moitié du prix payé, selon le musée, le reste provenant de deux legs privés, respectivement le R. Fraser Elliott Estate, et le legs de F.W.G. Fitzgerald.

Mais il s’en est fallu de peu pour que les Iris bleus de Gustave Caillebotte ne quittent définitivement le pays.

En 2018, le juge Manson avait d’abord statué que la notion d’oeuvre d’art « d’intérêt national », qui aurait empêché le tableau de quitter le Canada, ne s’appliquait qu’aux oeuvres canadiennes. Mais ce jugement a été cassé par la cour d’appel fédérale, au grand soulagement des musées canadiens.

Pour le Musée des beaux-arts de l’Ontario, Gustave Caillebotte est un » leader incontestable du mouvement impressionniste », même s’il est très peu représenté dans les musées canadiens. Le Musée affirme qu’il sera le seul musée canadien à posséder et à présenter une oeuvre du peintre français, bien que le musée McMaster de Hamilton possède une huile de Caillebotte dans sa collection.

Gustave Caillebotte est né en 1848 et décédé en 1894. Indépendant de fortune, il n’avait pas d’urgence financière à vendre ses toiles, et en a peint un nombre restreint. À la fois artiste et mécène, il a participé au financement d’expositions aux côtés de Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir et Edgar Degas. Son oeuvre rejoindra d’ailleurs les leurs au Musée des beaux-arts de l’Ontario. En 1888, il s’est établi au Petit Gennevilliers, en banlieue de Paris, où il a peint les Iris bleus. « Cette toile démontre que, pour Caillebotte, le jardin était plus qu’un loisir, c’était un laboratoire, un studio de peinture, une oeuvre d’art en soi ». La toile est présentée au public du Musée des beaux-arts de l’Ontario depuis le 24 août.

Avec La Presse canadienne