Roger Taillibert sur toile

C’est en 2000 qu’Alain Stanké (à gauche) a connu Roger Taillibert, au moment de publier son livre «Notre cher Stade olympique. Lettres posthumes à mon ami Drapeau», sous la forme de lettres adressées au défunt maire montréalais.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir C’est en 2000 qu’Alain Stanké (à gauche) a connu Roger Taillibert, au moment de publier son livre «Notre cher Stade olympique. Lettres posthumes à mon ami Drapeau», sous la forme de lettres adressées au défunt maire montréalais.

L’architecte Roger Taillibert a ses secrets. Dans l’intimité de sa maison de Saint-Sauveur, au Québec, où il passe la moitié de son temps, il peint. « J’aime bien peindre à Saint-Sauveur, parce qu’on est au calme. J’ai un atelier, et j’ai la piscine. Cela m’oblige à faire de l’exercice », dit-il. À 93 ans, c’est aussi au Québec qu’il présente ses toiles au grand public pour la première fois.

Le Centre d’art Diane-Dufresne de Repentigny présente en effet tout l’été l’exposition Taillibert. Volumes et lumière, une collection de peintures de l’architecte. C’est Alain Stanké, qui a également réalisé un film sur l’architecte, et Maxime Alexis Frappier, qui sont co-commissaires de l’exposition.

Rencontre féconde

C’est en 2000 qu’Alain Stanké a connu Roger Taillibert, au moment de publier son livre Notre cher Stade olympique. Lettres posthumes à mon ami Drapeau, sous la forme de lettres adressées au défunt maire Jean Drapeau.

Un jour, après avoir lui-même exposé des sculptures au Centre d’art Diane-Dufresne, il parle au conservateur François Renaud de l’oeuvre picturale de Roger Taillibert. Et l’exposition prend forme.

Les peintures de Taillibert présentées ont été réalisées au cours des quinze dernières années. « Certaines sont récentes », dit l’artiste. Elles visitent les thèmes chers à l’architecte, le sport, les paysages, l’architecture. On y retrouve d’ailleurs quelques esquisses de « notre cher Stade olympique », que Taillibert a toujours défendu bec et ongles contre les critiques.

Illustration: Images Annie Garofano Les peintures de Roger Taillibert présentées visitent les thèmes chers à l’architecte: le sport, les paysages, l’architecture.

« J’ai des gestes particuliers dans la peinture, dit-il. La couleur fonctionne avec mon cerveau. Je pense à telle chose, je la traite en bleu, ou en rouge, ou en noir, d’une certaine façon. Mais c’est toujours dans le mouvement, même dans la peinture. Quelquefois il y a des courbes, quelquefois il n’y en a pas. »

Roger Taillibert est célèbre pour les formes courbes qu’il a données à l’architecture moderne. Il raconte notamment être arrivé à la conception du stade parisien du parc des Princes alors que le général de Gaulle lui demandait 10 000 sièges assis de plus que ce que le terrain pouvait contenir sous une forme traditionnelle. « J’ai voulu intégrer l’ellipse romaine, dit-il. C’est pour cela qu’il y a une bonne teneur du bruit au parc des Princes, à cause de la courbe. »

Le « dieu des stades »

L’exposition présente également en primeur un petit documentaire tourné par Alain Stanké sur Roger Taillibert. Volumes et lumière. L’architecte y parle entre autres de son admiration pour Eiffel et pour Léonard de Vinci.

Mais ce n’est qu’un début. Puisqu’Alain Stanké travaille également sur un film au sujet de Taillibert, qui s’appellera Le dieu des stades. « J’ai un autre projet pour lui, dit-il. On ne connaît pas tous les talents de M. Taillibert. Il a fait beaucoup plus que de construire des stades dans le monde. »

Reste que Roger Taillibert est très fier de dire qu’au moment de notre conversation, des milliers d’élèves et d’athlètes s’entraînent dans des équipements qu’il a bâtis.

Photo: Images Annie Garofano Peinture de Roger Taillibert 

Taillibert. Volumes et lumière

Du 20 juin au 29 septembre, au Centre d’art Diane-Dufresne