Mise à jour techno à hauteur d’homme à Pointe-à-Callière

«Générations MTL» s’ébranle dans une salle où jusqu’à 144 visiteurs peuvent s’asseoir dans des gradins installés devant une surface de 390 mètres carrés, composée de plus d’une quarantaine de petits écrans morcelés.
Photo: Frédérique Menard Aubin «Générations MTL» s’ébranle dans une salle où jusqu’à 144 visiteurs peuvent s’asseoir dans des gradins installés devant une surface de 390 mètres carrés, composée de plus d’une quarantaine de petits écrans morcelés.
Même les musées d’histoire doivent rester à jour. Pointe-à-Callière, érigé directement sur les vestiges du Montréal des premiers jours, a dépoussiéré la présentation de la « place du marché » en plus de lancer dès ce mardi sa toute nouvelle expérience multimédia, intitulée Générations MTL. Le musée situé dans le Vieux-Montréal a mis le paquet avec cette dernière production aux allures immersives, qui parcourt en 17 petites minutes l’histoire de la ville.

Générations MTL s’ébranle dans une salle où jusqu’à 144 visiteurs peuvent s’asseoir dans des gradins installés devant une surface plutôt sphérique de 390 mètres carrés, composée de plus d’une quarantaine de petits écrans morcelés. Comme si on avait déplié devant nous un prisme à multiples facettes, où chaque arête serait faite d’une tige en lumière DEL.

S’ajoute aux écrans une toile verticale en tulle translucide rétroéclairée, qui donne une impression de trois dimensions à la production — par ailleurs installée au-dessus des vestiges en contrebas. Toute cette installation et le spectacle lui-même, conçus par TKNL, auront coûté plus de trois millions de dollars. « Ce sont de gros investissements, souligne Francine Lelièvre, directrice générale de Pointe-à-Callière. Ça doit être solide et à l’épreuve de tout, mais en même temps être de son temps. »

Côté contenu, la trame très dynamique de Générations MTL est menée par six Montréalais d’origines diverses. « On voulait une approche humaine, souligne Mme Lelièvre. Au lieu de parler juste des événements, on veut parler des Montréalais. On essaie de mettre des gens en situation, de leur donner la parole. »

La directrice générale mentionne aussi le désir d’avoir une multitude de points de vue dans le récit — celui d’un Autochtone, d’une immigrante, d’un citoyen d’origine britannique, par exemple. « Chacun a vécu sa réalité, alors on veut présenter ça aussi, dit Francine Lelièvre. C’est la même histoire de Montréal, mais présentée avec l’aide de nouvelles recherches et avec un regard d’aujourd’hui. On parle davantage des femmes dans celui-là, par exemple. »

Vestiges revisités
Ce côté technologique et incarné se retrouve aussi dans Les bâtisseurs de Montréal, un parcours autour et dans les vestiges de la place du marché, en quelque sorte le point zéro commercial de la ville. On y retrouve, entre autres, une galerie de portraits d’un peu plus d’un millier de Montréalais projetés sur des écrans. En plus, deux bornes permettent de fouiller dans la banque de noms de 22 000 familles qui ont vécu à Montréal entre 1620 et 1937.

Sinon, on trouve un parcours chronologique des grands moments de l’histoire de la ville. Le pivot est une carte qui montre, vue du ciel, l’évolution de l’implantation des citoyens sur l’île. Quant aux vestiges de la place du marché eux-mêmes, Pointe-à-Callière y a ajouté une installation lumineuse qui permet de beaucoup mieux concevoir ce qui s’y trouvait jadis. Lorsqu’allumées, les discrètes barres lumineuses forment les contours des différentes institutions qui se sont succédé sur les lieux au fil des époques.

« Des vestiges archéologiques, c’est très fort sur le plan de l’authenticité, mais c’est très difficile à comprendre, parce que c’est un enchevêtrement de pierres, explique Mme Lelièvre. Alors, même s’ils sont de plusieurs époques différentes, ce n’est pas évident pour le visiteur de comprendre. Il y a des aspects ici qu’il s’imposait de rajeunir. »

Pointe-à-Callière a aussi innové avec un arrêt tout virtuel où trois personnages historiques en 3D peuvent répondre aux questions du public. Les trois comédiens qui les incarnent ont été « numérisés » et leurs avatars pourront répondre à plus de 600 questions différentes. « On passe par là avant d’aller plus loin, précise la directrice générale. On ne peut pas se rendre très loin si on n’essaie pas au moins de suivre l’évolution. Un escalier, on peut en sauter deux marches, mais pas 18 ! »

Générations MTL et Les bâtisseurs de Montréal seront présentés au Musée Pointe-à-Callière dès le 30 avril.