Prometteuse Laurence Pilon à la galerie Nicolas Robert

Laurence Pilon, «Passeway» (détail), 2018
Photo: Laurence Pilon Laurence Pilon, «Passeway» (détail), 2018

Malgré une pratique fort jeune, Laurence Pilon fait déjà tourner les têtes. Quelques-unes de ses plus récentes toiles sont visibles à la galerie Nicolas Robert, qui la représente depuis peu. La diplômée de Concordia poursuit des études de maîtrise à l’Université Guelph, un parcours pavé de succès comportant de nombreux prix.

Sa peinture se démarque par son imagerie semi-figurative rendue par une palette de couleurs dégradées et une touche singulière, résultant d’applications méthodiquement répétées. Des silhouettes humaines, plutôt féminines, sont imbriquées dans des paysages atmosphériques qui revisitent vaguement des jalons de la peinture moderne du siècle dernier. Les univers de Gauguin, Matisse, Cézanne sourdent des surfaces mouchetées et tactiles, voire fossilisées de Pilon, pour qui la nature sauvage n’a plus la teneur fantasmée d’antan.

Photo: Laurence Pilon Laurence Pilon, «Passeway» (détail), 2018

Parfois moroses, les toiles évoquent des lendemains qui déchantent alors que des forces résistantes, formelles et symboliques s’organisent sur les surfaces : La corvée, Triage, Self-Care, disent les titres, prêtant aux personnages des actions de prise en charge et de soin. L’artiste revendique d’ailleurs dans cette peinture des préoccupations écoféministes, ce qui ajoute au potentiel dont il faudra surveiller les développements.

Les toiles aux finis pétrifiés de Pilon sont posées en dialogue par le galeriste avec le travail de Louis Bouvier. De type installatif, sa production élabore un récit imaginaire autour des roches qui se décline dans la matière brute jusqu’au bâti, où la virtuosité du dessin confond, entre autres, l’artifice de la nature.

Spongieuses / Migration fossile, encore une autre chronique du temps géologique

De Laurence Pilon / De Louis Bouvier. À la galerie Nicolas Robert, 10, rue King, jusqu’au 26 janvier 2019.