Au cœur des réalités montréalaises

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
David Bier, «Réfugiés séfarades arrivant à l'aéroport Dorval» (aujourd’hui PET), 1974
Photo: Musée McCord David Bier, «Réfugiés séfarades arrivant à l'aéroport Dorval» (aujourd’hui PET), 1974

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Au cœur du centre-ville de Montréal et sur l’île Sainte-Hélène se trouvent deux musées qui racontent l’histoire de la métropole et de ses diverses communautés par des expositions, des conférences et des ateliers. Ces musées, plus que jamais, poursuivent leur mission et comptent même en offrir plus aux citoyens au cours des prochaines années.

Devoir quitter son pays pour cause de guerre ou de menace à sa sécurité et tenter ensuite de refaire sa vie ailleurs, un tel sujet est d’actualité. Le Musée McCord a voulu mettre en avant cette réalité en montant l’exposition participative Ombres sans frontières, qui s’ouvrira le 21 novembre. Le visiteur, muni d’une lampe de poche, pourra découvrir des ombres chinoises réalisées lors d’ateliers dans des camps de réfugiés en Grèce et en Turquie.

Lors de cette exposition, le visiteur sera convié à s’exprimer sur la notion de chez soi en réalisant sa propre création. « Nous souhaitons ainsi permettre aux nouveaux arrivants et au public de s’exprimer sur le sujet par le biais de l’art, affirme Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction des musées McCord et Stewart. L’exposition s’enrichira donc au gré des visites. »

 

Une exposition sur la communauté juive

Shalom. Histoires et contributions de la communauté juive est une autre exposition, en cours celle-là, qui a obtenu beaucoup de succès, selon Mme Sauvage. Se terminant le 11 novembre, elle s’inscrit dans la mission du Musée « d’être le musée de tous les Montréalais », affirme-t-elle en précisant que l’établissement a déjà tenu dans le passé des expositions semblables sur les communautés irlandaise, écossaise et chinoise.

Cette exposition comprend cinq zones abordant chacune un thème différent. La première, appelée Exode, aborde les différentes vagues d’immigration juive survenues dans le courant du XXe siècle ainsi que l’antisémitisme vécu par cette communauté. Une autre zone, Souvenirs, rassemble divers objets appartenant ou ayant appartenu à des immigrants juifs. Vivre ensemble est un espace consacré à l’apport des Juifs à la collectivité montréalaise. On y verra notamment comment les architectes juifs ont façonné le paysage urbain et comment ils ont contribué à la préservation du patrimoine. En créant l’Hôpital juif, la communauté a aussi contribué à favoriser l’accès universel aux soins de santé.

Des conférences sur l’urbanité

Cet automne, le Musée McCord poursuit aussi, pour la huitième année, sa série de conférences intitulée « Échanges urbains ». La première, qui aura lieu le 24 octobre, portera sur l’avenir des espaces verts, publics et des parcs. Le 30 janvier 2019, une autre conférence portera sur les sites industriels montréalais. Doit-on les convertir ou les abandonner ? Le 13 mars, une conférence traitera de la vétusté des écoles montréalaises. « Ces conférences sont gratuites, mais il faut réserver pour y assister, car elles sont très populaires », affirme Mme Sauvage.

Le Musée accueille aussi quelques conférences dans le cadre de la série « Les belles soirées », en partenariat avec l’Université de Montréal. Ainsi, le 7 novembre, une conférence traitera des juifs séfarades, originaires du Maroc et vivant au Québec. Elle sera donnée par Yolande Cohen, professeure d’histoire à l’UQAM. Ces conférences sont proposées au coût de 27 $ (18 $ pour les membres du Musée). D’autres belles soirées sont aussi au programme.

La mode au cœur du Musée

Autre activité importante au Musée, la mode. Il y a un an, le Musée McCord a intégré la collection du Musée de la mode et son équipe. « Nous avons toujours présenté des expositions et des conférences sur la mode, mais depuis la fusion avec ce musée, nous le faisons encore plus », affirme Mme Sauvage, qui ajoute que le musée possède la plus importante collection de mode canadienne au pays. Ainsi, le Musée présente une exposition permanente sur l’importance du vêtement chez les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Des expositions temporaires devraient aussi être programmées prochainement.

Les activités au Musée Stewart

Du côté du Musée Stewart, en plus de l’exposition permanente traitant de l’histoire de Montréal (selon Mme Sauvage, les musées McCord et Stewart possèdent plus d’un million et demi d’objets pour documenter l’histoire de la ville), cet établissement présente jusqu’au 24 mars 2019 l’exposition Paris en vitrine. Elle permet d’explorer les vitrines les plus en vogue dans le Paris du XVIIIe siècle.

À ce musée, on a aussi pensé aux enfants. Lors du week-end de l’Halloween, les 27 et 28 octobre, une activité familiale a été programmée au Musée Stewart dans le cadre de l’exposition Histoire et mémoires. Plusieurs autres activités éducatives et récréatives s’adressant aux jeunes sont organisées aux deux musées. Pour en connaître plus, il faut visiter leur site respectif.

Il est intéressant de mentionner qu’il est possible de visiter les musées gratuitement le premier dimanche de chaque mois et le mercredi soir (sauf pour les expositions vedettes, pour lesquelles il faut débourser 9,50 $). Le Musée est gratuit aussi en tout temps pour les membres.

Vers un musée plus grand

Enfin, s’il y a un dossier qui tient à cœur Mme Sauvage, c’est bien le déménagement du Musée, un projet évalué à environ 150 millions de dollars. Ce projet vise à relocaliser les collections des musées McCord et Stewart en un seul endroit. « En ce moment, par manque d’espaces, nous ne pouvons présenter que 1 % de nos collections dans nos salles, alors que la norme reconnue internationalement est de 5 à 6 % », déplore Mme Sauvage, qui ajoute qu’il n’y a plus de place non plus dans la réserve, ce qui réduit la possibilité de faire des acquisitions ou d’accepter des dons. Lors de la précédente administration Coderre, le site Eugène Lapierre, situé au nord-ouest de la Place des Arts, avait été offert. La mairesse Plante veut cependant en faire un parc. D’autres sites sont présentement évalués et Mme Sauvage mentionne qu’une annonce devrait bientôt être faite à ce sujet.