Marion Wagschal, le mot de la fin

Marion Wagschal, «Hexe», 2017, acrylique sur toile
Photo: Paul Litherland Marion Wagschal, «Hexe», 2017, acrylique sur toile
Après dix ans, c’est ce samedi que se termine l’aventure de la Battat Contemporary. La galerie de la rue Alexandra tire sa révérence avec une exposition de l’estimée Marion Wagschal, une artiste marquante dans sa courte, mais non moins riche histoire. Leur relation en fut une d’éclairage réciproque ayant sérieusement servi la scène des arts visuels, et au-delà.

L’exposition se concentre sur la plus récente production de l’artiste, dont l’imposant Colossus offert en avant-goût dans le solo présenté au Musée d’art de Joliette au printemps dernier. L’artiste de 73 ans, hardie, renoue avec l’autoportrait en nu, qu’elle n’avait pas pratiqué depuis plusieurs années. La vie et la mort se fréquentent de près dans une sélection serrée d’œuvres qui comprend aussi des vanités et autres compositions hybrides imbriquant des symboles et des références à l’histoire de la peinture. La plus sentie des natures mortes a pour seul sujet un fragment de savon dur à vêtement, une relique de sa mère.

Traits frémissants et peinture tactile incarnent le regard de l’artiste sur sa trajectoire personnelle dans un imaginaire qui n’exclut pas des allusions au péril qui guette notre monde. Du reste, elle peut bien frayer avec les idées de la fin, c’est son désir de créer qui anime encore Marion Wagschal et qui est prometteur d’une suite.

Hexe

De Marion Wagschal, à la galerie Battat Contemporary.