Un urinoir pour une femme

Ce furent les 100 ans du ready-made «Fountain».
Photo: Agence France-Presse Ce furent les 100 ans du ready-made «Fountain».

Cette année, ce furent les 100 ans du ready-made Fountain, simple urinoir, création refusée lors de l’exposition de la Société des artistes indépendants à New York en avril 1917. Et cet objet élu en 2004 par un panel de spécialistes anglais comme étant l’oeuvre la plus influente du XXe siècle est au coeur du no 127 de la revue Inter art actuel.

Michaël La Chance y signe un passionnant opuscule — annoté par André Gervais — qui retrace la chronologie de ce qui est arrivé à ce pissoir. Intitulé Les nouvelles fables de Fountain, il suit à la trace les péripéties qui ont entouré cet objet et sa consécration. L’information voulant que ce ne soit pas Duchamp qui « fit » cette oeuvre, mais plutôt son amie la baronne Elsa von Freytag-Loringhoven (1874-1927) n’est pas nouvelle, mais La Chance l’analyse comme une enquête policière.

Il conclut avec une certaine ironie que la dernière oeuvre énigmatique de Duchamp — Étant donnés (1946-1966) —, montrant « une femme allongée qui tient un bec de gaz allumé », n’est en aucun cas reliée au décès de la baronne par « intoxication au gaz dans son appartement »…