Leonard Cohen sera partout à Montréal cet automne

Kara Blake, The Offerings, 2017
Photo: Avec l’aimable permission de Tony Palmer, University of Toronto Kara Blake, The Offerings, 2017

Leonard Cohen sera partout en novembre prochain. Sur les murs du silo no 5, dans le Vieux-Port de Montréal, et dans la programmation que le Musée d’art contemporain de Montréal a concoctée, avec des artistes de partout dans le monde, dans le cadre de l’événement Une brèche en toute chose / A Crack in Everything, qui lui rend hommage.

En fait, John Zeppetelli, directeur du Musée d’art contemporain, était entré en contact avec Leonard Cohen bien avant sa mort dans le but de réaliser cette vaste exposition sur son oeuvre. Le poète avait alors exprimé son enthousiasme envers un projet présentant son travail dans le cadre d’une « conversation culturelle contemporaine ». L’exposition tournera donc autour de nouvelles oeuvres d’artistes contemporains, inspirées de l’oeuvre de Cohen et de ses imposantes archives.

John Zeppetelli, cocommissaire de l’événement, confie avoir momentanément rêvé de filmer le poète circulant dans cette exposition. Mais la mort aura fauché Cohen trop tôt.

Tous les arts pour Cohen

C’est donc le jour même du premier anniversaire de la mort de Cohen, le 5 novembre 2017, que l’oeuvre de Jenny Holzer, utilisant des textes de Leonard Cohen, sera projetée sur les tours du silo no 5, dans le Vieux-Port de Montréal. Suivra, au Musée d’art contemporain, la présentation de toute une série d’installations, de projections de films et de concerts célébrant Cohen. Mentionnons par exemple Poetry Machine, des artistes canadiens Janet Cardiff et George Bures Miller. Le public pourra y jouer d’un orgue Wurlitzer des années 1950, dont les touches font résonner la voix de Cohen récitant des poèmes du Book of Longing (Le livre du constant désir). Les poèmes peuvent se faire entendre tour à tour ou tous à la fois. Candice Breitz, de l’Afrique du Sud, a pour sa part regroupé des fans de Leonard Cohen, de 65 ans et plus, et les a filmés en train de chanter des chansons de leur idole. Ce « collectif amateur dévoué », typique du travail de Breitz, s’intitule I’m Your Man.

Leonard Cohen était un homme de paroles, et sa repartie était tout aussi vivante et truculente en entrevue. Celles-ci seront d’ailleurs largement utilisées dans diverses oeuvres de l’exposition. L’artiste multimédia Kota Ezawa s’inspire entre autres du célèbre long métrage de 1965 Ladies and Gentlemen… Mr. Leonard Cohen, signé Donald Brittain.

Photo: Till Cremer «Candice Breitz, I’m Your Man (A Portrait of Leonard Cohen)» (arrêt sur image), 2017

Les photographes et cinéastes Carlos et Jason Sanchez utiliseront pour leur part des archives de l’enfance de Cohen, et en particulier le lien qui l’unissait à son chien Tinkie, pour raconter une histoire. L’interprète en danse contemporaine et chorégraphe Clara Furey, fille de deux grands amis de Cohen, Carole Laure et Lewis Furey, a créé une nouvelle performance, When Even the…, transformant l’esprit des oeuvres de Cohen en expression physique, en interaction avec le public.

Le flirt avec la dépression est une constante dans la vie et dans l’oeuvre de Cohen. Et en sa mémoire, le scénariste et compositeur de musique Ari Folman a créé une « zone de dépression multimédia et sensorielle » où le visiteur « peut entrer dans les profondeurs de l’espace émotionnel de Leonard Cohen et se retrouver confronté aux ténèbres, à la désolation et aux démons de la dépression », promet le Musée.

C’est sans parler de la galerie d’autoportraits peints par Cohen, ou des multiples autres concerts, événements, symposium et exposition virtuelle qui célébreront l’inoubliable poète montréalais.