Une exposition du McCord plonge dans l’univers des magiciens du siècle dernier

Les affiches ont été choisies dans le fonds de la collection Allan Slaight.
Photo: Musée McCord Les affiches ont été choisies dans le fonds de la collection Allan Slaight.

Il y a 91 ans, après une représentation au Théâtre Princess à Montréal, le prestidigitateur Houdini a reçu quatre coups de poing au ventre d’un étudiant de l’Université McGill qui testait sa résistance à la violence. Houdini, qui ne s’était pas préparé à ces coups, est mort une semaine plus tard d’une péritonite.

Et c’est sur le site de l’actuel Musée McCord, qui servait à l’époque à l’association des étudiants de McGill, qu’Houdini a prononcé sa dernière conférence, qui dénonçait le « spiritualisme » par lequel certaines personnes prétendaient communiquer avec l’esprit des morts.

Aujourd’hui, le Musée McCord présente en grande première Illusions, l’art de la magie, et ce, jusqu’au 7 janvier. L’exposition regroupe une série d’affiches annonçant des spectacles de magie au tournant du siècle dernier. Elles ont été choisies dans le fonds de la collection Allan Slaight, acquise par le musée en 2015.

À travers une enfilade de pièces, on apprivoise les notions d’apparition et de disparition, la décapitation (eh oui !), la lévitation, l’évasion et le mentalisme. Sur les affiches, on voit souvent de petits diablotins qui chuchotent les secrets de ces tours à l’oreille du magicien en question.

« Ces magiciens étaient comme des stars à l’époque », dit le conservateur Christian Vachon, en parlant d’Alexander et d’Adélaïde Herrmann, d’Harry Kellar, d’Howard Thurston, de Chung Ling Soo, d’Houdini et de plusieurs autres, qui sont représentés sur les affiches. « George Bernard Shaw a déjà déclaré qu’Houdini était, avec Jésus-Christ et Sherlock Holmes, l’un des trois hommes les plus célèbres de tous les temps. (Il a malicieusement ajouté que, bien sûr, deux d’entre eux étaient fictifs). C’était vrai à l’époque, c’est encore vrai aujourd’hui », écrit, avec une certaine indulgence, le collectionneur et prestidigitateur David Ben dans le magnifique catalogue que le Musée McCord a produit pour l’occasion.

Ces affiches, parfaitement conservées, témoignent autant de l’âge d’or de l’art de la magie que de celui de l’affiche. « La production d’une seule affiche exige la participation de 10 à 15 illustrateurs hautement qualifiés », écrit Christian Vachon dans un article du catalogue. Elles sont aussi fascinantes que l’univers un peu suranné qu’elles font découvrir.

Illusions, l’art de la magie

Au musée McCord jusqu’au 7 janvier.