Un été chargé aux musées McCord et Stewart

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Vue partielle du pavillon des Pâtes et Papier lors d’Expo 67
Photo: Musée Stewart Vue partielle du pavillon des Pâtes et Papier lors d’Expo 67

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Vous êtes nostalgique d’Expo 67, vous aimez le monde des caricaturistes, l’univers de la magie vous fascine… Si un, plusieurs ou tous ces sujets vous intéressent, vous serez comblé par une visite aux musées McCord et David Stewart, à l’île Sainte-Hélène. Petit tour d’horizon de ce qui attend le visiteur.

Retour sur un rêve

L’année 2017 marque le 50e anniversaire d’Expo 67. L’exposition Expo 67. Rêver le monde au Musée Stewart rappelle comment cet événement a marqué les esprits de bien des baby-boomers. Présentée depuis la fin avril, l’expo se décline sous six thèmes : rêver l’Expo, rêver la ville, le cauchemar de la guerre froide, rêver l’être humain, rêver la terre et rêver de l’Expo.

Pour chacun des thèmes, différentes propositions artistiques sont à découvrir, allant de la réalité virtuelle au mapping vidéo (une technologie de projection d’images sur des surfaces tridimensionnelles). Ainsi, le thème Rêver la ville souligne l’architecture avant-gardiste d’Habitat 67. « En construisant cet ensemble, on voulait créer des unités modulaires qui auraient tous les avantages de la maison en banlieue tout en étant situées dans un milieu très urbain », dit Catherine K. Laflamme, chargée de projets et porte-parole de l’exposition.

Le thème suivant, le cauchemar de la guerre froide, rappelle qu’Expo 67 se déroulait à une époque où il y avait d’énormes tensions entre les États-Unis et l’ancienne URSS. « Les pavillons des États-Unis et de l’URSS se faisaient face sur le site de l’Expo et étaient séparés seulement par la passerelle du Cosmos, dit Mme Laflamme. Un certain climat de paranoïa régnait. »

Sur le thème Rêver l’être humain, « on a voulu faire revivre aux visiteurs l’expérience du Labyrinthe, le pavillon de l’Office national du film, qui avait été vu par plus d’un million de personnes lors de l’Expo, explique Mme Laflamme. La technique de projection au mur, au sol et en croix était innovatrice et avait donné lieu au développement de la technologie IMAX. Le visiteur peut revivre l’expérience grâce à la réalité virtuelle. »

Le côté humaniste de l’Expo est souligné par le thème Rêver la terre. En 1963, une rencontre a lieu à Montebello, où des personnalités du monde artistique et des intellectuels discutent de sujets qui ont inspiré différents thèmes présentés lors de l’Exposition universelle. « Le visiteur pourra notamment consulter deux cahiers de notes de Gabrielle Roy, la romancière qui était présente à Montebello », assure Mme Laflamme.

L’exposition se termine avec le thème Rêver de l’Expo. Sur une note plus nostalgique et personnelle, il sera possible de voir des diapositives appartenant à trois collectionneurs montréalais (dont Roger Laroche). « Ces gens ont aussi livré leur témoignage sur leur passion de l’Expo qu’il est possible d’entendre sur pistes audio », affirme Mme Laflamme.

L’été au Musée McCord

Dans le centre-ville de Montréal, le Musée McCord en offre pour tous les goûts aux visiteurs. On y présentera cinq expositions : Incontournable Expo 67, Mode Expo 67, Aislin, 50 années de caricatures, La ville suspendue et Illusions. L’art de la magie.

Photo: Musée McCord Caricature de Aislin représentant Justin Trudeau

Dès le 29 mai, Incontournable Expo 67 présentera 24 photographies en couleur de Jean-Louis Frund, installées sur l’avenue McGill. Elles ont été choisies parmi les 1000 diapositives qu’a prises le photographe lors de l’Expo.

Toujours sur le thème de l’Expo, Mode Expo 67, déjà en cours, permet aux visiteurs de voir une soixantaine d’uniformes d’hôtesse et de costumes portés lors de l’exposition. Il y aura aussi des vêtements de designers québécois de l’époque auxquels s’ajouteront des accessoires, des croquis, des photos, des extraits de films et des témoignages au sujet de ce célèbre événement.

Des caricatures mordantes

Pour les férus d’histoire et de caricatures, il sera très intéressant de visiter l’exposition Aislin, 50 années de caricatures, jusqu’au 13 août. Les 50 dessins du célèbre caricaturiste du journal The Gazette qui y sont présentés permettent de suivre l’évolution de son style et constitue un cours d’histoire en accéléré de Montréal, du Québec et du Canada, de 1967 à 2017. Terry Mosher (de son vrai nom) rappelle qu’il a toujours fait ses dessins pour les lecteurs du journal et non pour faire plaisir aux politiciens. « Certaines de mes caricatures ont été mal interprétées ou mal comprises, mais elles ne sont qu’une impression, un instantané du moment », affirme-t-il. Selon lui, le Québec est une société distincte sur le continent en matière de caricatures. « Nos caricaturistes sont tous très bons et ont un style différent les uns des autres. Leurs dessins sont mordants et livrent un message plus politique qu’ailleurs en Amérique du Nord. »

La ville en photos

Présentée depuis le 12 mai dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, La ville suspendue est une exposition ambulante qui se promènera dans les 19 arrondissements de la ville au cours de l’été. Elle comprendra des photos anciennes et contemporaines, de même que des témoignages de citadins qui seront différents selon l’arrondissement où elle sera présentée.

De la magie au musée

La dernière exposition porte sur la magie et elle intéressera tout public fasciné par l’illusion créée par cet art. Dès le 26 mai, l’exposition offrira une rétrospective la plus complète, jamais présentée, d’affiches de l’âge d’or de la magie (1880 à 1930). Sur 71 affiches présentées et des documents multimédias, le visiteur pourra voir l’histoire, les numéros et la vie des illustres magiciens qui ont marqué cette époque (Houdini, Herrmann, Kellar, Thurston).

Dans le cadre de cette expo, un livre contenant 230 reproductions a aussi été réalisé. Enfin, diverses activités, conçues pour tous les âges, seront au programme (ateliers, conférences et activités éducatives).