Lumières sur la basilique Notre-Dame

La basilique Notre-Dame sera la vedette d’une expérience immersive signée Moment Factory. Le spectacle son, lumière et vidéo «Aura» y sera présenté à compter du 20 mars.
Photo: Moment Factory La basilique Notre-Dame sera la vedette d’une expérience immersive signée Moment Factory. Le spectacle son, lumière et vidéo «Aura» y sera présenté à compter du 20 mars.

On ne la voit plus à force de l’avoir vue, avec sa vieille façade de pierres, rue Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal, où elle a été érigée en 1829. C’était, à l’époque, le lieu de culte le plus vaste de l’Amérique du Nord. La basilique Notre-Dame de Montréal se refait une coquetterie pour le 375e anniversaire de Montréal en devenant le site de projection du spectacle de son et lumière Aura, conçu par Moment Factory. L’annonce en a été faite mardi à la basilique.

À partir du 20 mars, et pour une période indéterminée qui pourrait se prolonger sur de nombreuses années, les visiteurs pourront profiter d’un spectacle immersif d’une heure qui vise à mettre en valeur le patrimoine artistique de l’église.

Ainsi, le parcours débutera avec des stations devant différentes installations, qui mettront l’accent sur des éléments de la basilique. Les visiteurs seront ensuite conviés à une expérience immersive avec orchestration qui occupe l’ensemble de la basilique. Moment Factory s’est aussi beaucoup inspirée de l’une des deux tours de l’église, la tour de l’ouest, nommée « tour de la persévérance ». Originaire de Montréal, Éric Fournier, associé et producteur exécutif de Moment Factory, s’est dit ravi de permettre ainsi la survivance de l’un des 100 clochers de la ville. Cette expérience s’ajoute à celles que Moment Factory a réalisées, entre autres, à la Familia Sagrada, à Barcelone, ou sur le parlement d’Ottawa.

L’expérience, d’une durée d’une heure, est prévue pour être à la fois individuelle et collective, et Éric Fournier précise qu’elle a été créée à partir de 25 millions de pixels. La basilique, dit-il, en est le personnage principal.

Le projet a vu le jour il y a environ trois ans, alors que Yoland Tremblay était toujours président de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal, propriétaire de la basilique. Il souhaitait alors donner un second souffle à cette dernière que visitent toujours des centaines de milliers de personnes par année. Il souhaitait aussi faire entrer la basilique dans la modernité. Aujourd’hui, l’historienne de l’art Manon Blanchette, qui a remplacé Yoland Tremblay à la tête de la Fabrique, souhaite aussi redonner aux Montréalais le goût de revisiter leur basilique. Les offices et les cérémonies religieuses continueront pour leur part de se dérouler dans la basilique, alors que les représentations d’Aura auront lieu le soir.

Sur le plan du patrimoine, Mme Blanchette relève que la basilique détient, dans le baptistère inaccessible au public, des oeuvres signées Ozias Leduc qui ont une grande valeur patrimoniale. Ozias Leduc aurait aussi signé des éléments décoratifs de la basilique situés dans la mezzanine.

L’église mère de Montréal, qui porte le nom de basilique à cause des reliques qu’elle abrite, a été dessinée en style néogothique par l’architecte new-yorkais James O’Donnell. Les deux tours, dites de la persévérance et de la tempérance, ont pour leur part été conçues quelques années plus tard par l’architecte John Ostell.

L’oeuvre de Moment Factory a été réalisée avec la participation de la compagnie Québecor, de la Ville de Montréal et du gouvernement du Québec.

1 commentaire
  • Jean-Luc Malo - Inscrit 1 mars 2017 11 h 49

    La société du spectacle

    Bien d'accord pour illuminer le soir la façade comme ceci a été fait ailleurs.
    Mais l'intérieur de Notre-Dame a-t-il besoin d'un spectacle? pour ajouter quoi à ces magnifiques oeuvres d'ébénisterie ou aux sculptures? Il aurait fallu tout simplement mieux illuminer, reprendre l'illumination de base qui est là depuis bien longtemps, mieux mettre en évidence Marie couronnée par le Christ au sommet du retable derrière le maître-autel ou les 4 sacrifices qui prophétisent celui du Christ en croix. Tout simplement diriger la réflexion sacrée. L'administration de la Basilique n'est pas la seule à céder à cette tendance contemporaine: quel spectacle aussi dans la nouvelle aile du Musée des Beaux-Arts. A-t-on besoin aussi de peindre des murs en couleurs flamboyantes, à la mode de salons (s'il n'y a pas d'oeuvres d'art derrière) quand les oeuvres en soit sont bien suffisantes pour nous en mettre plein la vue? Tirer des leçons svp de ce que la rénovation du Rijskmuseum à Amsterdam apporte: les murs autour de la Ronde de nuit, des 4 Vermeer dans la gallerie principale, etc. sont gris, pas illuminés de couleur flamboyante. Le spectacle n'est pas sur les murs, il est sur les toiles. SVP, avant de tout gâcher, allez voir ce qui se fait ailleurs et ne pas céder à la mode contemporaine du spectaculaire vide ou des propositions de firmes de marketing de l'audiovisuel.
    Jean-Luc Malo
    abonné