Des aurores boréales sur le mont Royal

La projection en continu d’«Aurores montréales» n’est prévue que jusqu’au 2 janvier.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La projection en continu d’«Aurores montréales» n’est prévue que jusqu’au 2 janvier.

Si vous regardez le mont Royal, et que vous voyez des couples s’embrasser assidûment durant dix minutes, vous n’avez pas d’hallucinations. Vous êtes en train de contempler l’œuvre Aurores montréales, de Marc Séguin.

À partir de dimanche, ce film d’une heure, comptant des projections lumineuses, des séquences filmées, des extraits de poèmes de Montréalais connus, sera en effet projeté en boucle sur divers flancs du mont Royal, de 17 h à 23 h.

Le projet est complètement innovateur et risqué. Jusqu’à samedi dernier, l’équipe de Marc Séguin, qui a travaillé avec 4U2C, n’était d’ailleurs pas sûre que la projection aurait lieu.

L’équipe mijote pourtant le projet depuis 2014.

Mais il a fallu entre autres obtenir l’autorisation des Amis de la montagne, qui protègent jalousement leur terrain, « à juste titre », admet le commissaire aux célébrations du 375e de Montréal qui chapeaute l’événement, Gilbert Rozon.

La projection, qui a finalement été autorisée, se fait à partir de deux tours, l’une étant située au pied de la montagne, près de l’avenue du Parc, et la seconde étant située au sommet des résidences de McGill. Aucun arbre n’est coupé, aucun fil ne traverse la montagne.

Il y a la présence de la croix aussi, on ne pouvait pas blasphémer

 

Le tout met en œuvre une quarantaine de projecteurs de 30 000 lumens chacun.

L’œuvre est projetée sur la neige, sur le roc et sur les arbres. Elle prend donc une autre allure en été. Pour l’instant, la projection en continu n’est prévue que jusqu’au 2 janvier. Mais Guy Rozon a déjà annoncé vouloir la prolonger jusqu’à la fête des Rois, et peut-être même la reprendre l’an prochain.

La projection devrait pouvoir être vue, dans une certaine mesure, d’aussi loin que de la Rive-Sud, du pont Jacques-Cartier ou du Stade olympique.

Le tournage du film a donné lieu à quelques anecdotes. La séquence des baisers, par exemple, met en scène tant des couples hétérosexuels que des couples gais.

Or, l’une des filles du couple de lesbiennes n’a pas encore avisé ses parents qu’elle était amoureuse d’une autre femme. « Elle a dit qu’elle les amènerait ici voir la vidéo », raconte Marc Séguin.

Des fragments de poème laissent songeur.

« Tu n’es pas seul à vieillir », écrit Marie Uguay, morte pour sa part à l’âge précoce de 26 ans. « But love is the only engine of survival », ajoute Leonard Cohen.

Avec ce film, Marc Séguin explique vouloir stopper la course folle des Montréalais quelques minutes, ou une heure, avec cette projection.

Son film porte donc sur le thème de l’amour, et s’inspire, dit-il, de l’amour que les Montréalais ont pour leur montagne.

C’est d’ailleurs la première fois qu’une autorisation est donnée pour permettre une telle projection sur les flancs du mont, le poumon de la ville sur lequel chaque Montréalais a une histoire à raconter. « Il y a la présence de la croix aussi, on ne pouvait pas blasphémer », dit Marc Séguin.

Pourtant, « tout a été difficile » dans ce projet qui voit présentement le jour. Pour Marc Séguin, la technologie ne doit pas être un but mais bien un outil pour transmettre une œuvre.

Celle-ci s’intitule Aurores montréales, du nom d’un recueil de nouvelles de Monique Proulx.

1 commentaire
  • Louis Bibaud - Abonné 9 décembre 2016 08 h 45

    Volcan ?

    Il appert que le mont Royal, comme les autres montérégiennes, n'est pas un ancien volcan. Ces collines seraient pourtant toutes d'origine volcanique, mais le magma qui en a laissé sa structure rocheuse n'aurait jamais abouti à la surface de la terre. Magma refroidi, les pics rocheux ainsi formés à des dizaines de kilomètres sous terre se seraient finalement retrouvés à la surface terrestre au bout de centaines de millions d'années de mouvement géologiques dûs au déplacement des plaques tectoniques, pour former les structures de ces "montagnes" qui caractérise aujourd'hui le sud ouest du Québec.