Vers la consécration

1933. Naissance de Dino Benito Claudio Guy Molinari, le 12 octobre, à Montréal, sixième enfant d'Evelyna Dini (1889-1966) et de Charles (Carlo) Molinari (1879-1948). Le père, joueur de piccolo, vient de perdre son poste au sein de l'Orchestre symphonique de Montréal. Il ne retrouvera pas d'emploi stable jusqu'à sa mort.

1948. Influencé par son beau-frère, le peintre Leopold Dufresne, Molinari s'inscrit à l'École préparatoire de l'École des beaux-arts de Montréal, avec la vague ambition de devenir «artiste commercial».

1949. Molinari quitte l'école régulière en janvier parce qu'il souffre d'une tuberculose. Il cesse toute activité en avril et met à profit ce repos forcé pour lire Sartre, Camus, Nietzsche et des monographies de célèbres artistes. Il reprend la vie publique

à l'automne.

1951. En avril, il reçoit le premier prix en dessin des cours du soir de l'École des beaux-arts. Il commence à se familiariser avec l'avant-garde américaine et découvre les travaux de Pietr Mondrian. En mai, il voit pour la première fois des oeuvres automatistes et il se passionne immédiatement pour leur rébellion esthétique. En septembre, il est admis à la première section de l'École des beaux-arts. Il commence à user de techniques surréalistes, notamment l'écriture automatique. Dès novembre, il a l'idée de peindre dans le noir, idée qu'il met vite en application à l'École d'art. La perplexité de ses professeurs l'encourage à claquer la porte de l'établissement avant la fin de l'année.

1952. Molinari s'installe dans un atelier de la rue Gilford. Il y peint des oeuvres figuratives et commence à réaliser des oeuvres abstraites de plus en plus construites.

1953. Il poursuit ses expériences d'écriture automatique et pond ses premiers poèmes connus. Il pratique le dessin et l'encre sur papier, participe à sa première exposition à «La Place des artistes». Le poète Claude Gauvreau le décrit comme «un prophète magnanime de la liberté». Il rencontre Fernande Saint-Martin, future directrice du Musée d'art contemporain de Montréal, qui deviendra sa femme.

1954. En avril, Molinari refuse de participer à l'exposition La matière chante organisée par Claude Gauvreau. En août, il se démarque de l'automatisme en se déclarant adepte du «molinarisme». En octobre et novembre, à la Librairie Tranquille, il participe à la première exposition des plasticiens, notamment en compagnie de Jauran et Fernand Toupin. Molinari peint maintenant des toiles en damier.

1955. Janvier, premier voyage à New York où il voit les drippings de Pollock. Le 10 février, lancement du Manifeste des plasticiens à l'occasion d'une expo au restaurant L'Échourie. Le texte délaisse la tutelle de Borduas et se place sous l'influence de Mondrian, pour une peinture abstraite mais construite. Le 28 mai, Saint-Martin et Molinari inaugurent leur galerie, L'Actuelle, rue Sherbrooke Ouest. Elle restera ouverte jusqu'en mai 1957 et est considérée comme une des premières galeries d'art contemporain de Montréal. À l'automne, il réalise ses premiers tableaux «noir et blanc», à l'huile, sur toile.

1956-57. Molinari participe à la fondation et aux activités de l'Association des artistes non figuratifs de Montréal, avec une vingtaine d'autres artistes. L'association expose au restaurant Hélène de Champlain puis au Musée des beaux-arts de Montréal. Première participation à une expo de groupe à New York.

1958. Il épouse Fernande Saint-Martin le 19 juillet 1958. Le couple aura deux enfants, un garçon et une fille, laquelle est décédée d'une longue maladie en 2000.

1961. Molinari participe à la Biennale de Paris. Il commence à exposer régulièrement à l'étranger et expose partout au Canada pendant toute la décennie, notamment en étant de toutes les biennales organisées par la Galerie nationale du Canada entre 1959 et 1968.

1962. Il reçoit le prix Jessie Dow pour Opposition rectangulaire, une oeuvre de l'année précédente. Cette récompense va attirer l'attention du public sur son travail.

1963. Sa toile Asymétrie jaune entre dans la collection du Museum of Modern Art.

1964. Il participe au Fourth Guggenheim International Award et son oeuvre Structure noire, de l'année précédente, est intégrée à la collection du Solomon R. Guggenheim.

1965. Il participe à The Responsive Eye, l'exposition fondamentale de l'op art au MOMA. Entre 1962 et 1967, Molinari obtient «une reconnaissance américaine presque totale», comme l'écrit l'historienne de l'art Camille de Singly.

1967-68. Au Canada, sa reconnaissance est déjà «absolue». Il expose en Europe et aux États-Unis, où il reçoit le prix David E. Bright, qui a couronné Riopelle par le passé.

1971. Il devient officier de l'Ordre du Canada.

1976. Le Musée des beaux-arts du Canada organise sa première grande rétrospective.

1980. Il remporte le prix Paul-Émile Borduas, un des Prix

du Québec.

1995. Le Musée d'art contemporain de Montréal organise une grande rétrospective de son oeuvre qui permet de le célébrer comme le «maître indisputé de l'abstraction au Canada» ou encore comme le «monumental Molinari».

2004. Guido Molinari décède à Montréal le 21 février 2004.

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Les données de cette chronologie, rédigée par Stéphane Baillargeon, sont tirées de plusieurs sources, dont le livre de Camille de Singly, Guido Molinari, peintre moderniste canadien, paru il y a quelques jours à L'Harmattan.