Observer les «Rapaces»

René Derouin continue de puiser dans la culture et l’histoire mexicaines pour ses créations.
Photo: Frédérique Ménard-Aubin René Derouin continue de puiser dans la culture et l’histoire mexicaines pour ses créations.

Dans les années 1950, René Derouin a pris l’autobus pour filer vers le sud. Il allait s’inscrire à l’École des Beaux-Arts de la ville de Mexico, au pays des grands muralistes. Là, il trouve une ville cosmopolite, comparable à New York ou à Paris, et une culture précolombienne vieille de 3000 ans.

« Cette histoire est un peu devenue mon histoire : l’histoire des ancêtres avant la conquête. Je me suis approprié cela comme source d’information, de culture et d’esthétique », raconte-t-il aujourd’hui.

Depuis, René Derouin ne cesse de reprendre le chemin du Mexique, et le Mexique nourrit son art. Il est fasciné par le syncrétisme qui anime certaines églises de la région de Puebla, où la mythologie autochtone côtoie les récits chrétiens, et où on retrouve tant la Vierge Marie que les dieux de la pluie. À San Patricio de Melaque, il observe les oiseaux, qui lui inspirent une nouvelle série de toiles, sur le thème Rapaces. Cette série, présentée dans un livre, fera l’objet d’une exposition à Montréal, en novembre, après Québec et Ottawa. Aussi, les livres présentant l’oeuvre de Derouin seront au centre d’un kiosque au Salon du livre de Montréal, où le Mexique sera le pays invité d’honneur cette année.

Un livre

Mardi c’est aussi à l’Espacio Mexico, à Montréal, que son livre Rapaces était lancé, en même temps que le court-métrage du même nom, que Derouin signe avec Michel Arsenault et qui sera présenté au 35e Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue.

En 2006, René Derouin a été décoré de l’« ordre mexicain de l’aigle aztèque », une importante distinction décernée par le gouvernement du Mexique. Il constate alors comment il s’identifie à cet oiseau de proie, dans sa façon d’évaluer le territoire de haut. « J’ai toujours regardé à distance, dit-il. Je vois d’une façon aérienne, un peu cartographique. Je me dis continentaliste parce que dans ma perception du continent, il n’y a pas de frontières. »

Dans les textes qui accompagnent la reproduction de ses oeuvres, René Derouin compare dans son livre les rapaces aux « personnes qui imposent l’austérité » dans notre société. Il est vrai qu’à travers les âges, dans l’Empire romain comme chez les Allemands, l’aigle a été symbole d’empire et de pouvoir. « C’est dans la nature des rapaces de chasser des proies pour leur survie, tandis que chez l’humain, c’est une idéologie dominante qui élimine tous les acquis de nos sociétés, la société de droit et de démocratie, le pays, la famille et les enfants à qui je dédie ce livre », écrit-il en introduction de son livre.

1 commentaire
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 19 octobre 2016 17 h 12

    René Derouin

    en parlant d'austérité et d'une idéologie dominante qui élimine tous les acquis de nos société a surement pensé aux rapaces du Québec visant le PLQ,Couillard et ses acolytes .Vive les artistes a l'esptit et aux yeux ouverts.