Des musées s’interrogent sur leur avenir

La Société des musées du Québec tient son assemblée générale ce mercredi à Gatineau.
Photo: iStock La Société des musées du Québec tient son assemblée générale ce mercredi à Gatineau.

Alors que le colloque annuel de la Société des musées du Québec s’ouvrait mardi à Gatineau sur le thème du récit et du dialogue, de nombreuses institutions muséales demeurent inquiètes quant à leur financement futur. Le milieu doit en effet faire face aux nouvelles règles de financement énoncées par le ministère de la Culture et des Communications du Québec et, dans certains cas, l’avenir de ce financement demeure obscur.

Ainsi, 28 des 30 musées à vocation scientifique membres de la SMQ devraient relever désormais d’une table interministérielle, et non uniquement du ministère de la Culture. La présidente de la Société des musées du Québec, Mme Katy Tari, expliquait mardi être en discussion avec le ministère de la Culture à ce sujet, mais ne pouvait nommer les autres ministères interpellés.

Par ailleurs, dans une lettre adressée au ministre de la Culture, Luc Fortin, et au maire de Montréal, Denis Coderre, le directeur du musée Dufresne-Nincheri, Paul Labonne, et son président, Marc Poirier, regrettaient que la « situation financière de plusieurs institutions muséales s’avère plus que précaire, leur survie étant carrément menacée ».

Le musée Dufresne-Nincheri est l’une des onze institutions qui avaient été « invitées par le ministère » à soumettre une demande de financement par l’intermédiaire du PAFIM (programme d’aide au financement des musées). Seulement six de ces demandes ont été retenues.

Selon Mme Tari, 92 institutions muséales reçoivent de l’aide au fonctionnement en vertu des nouvelles règles. Cinquante-deux d’entre elles ont vu leur budget augmenter, et 34 devront faire face à une baisse de budget répartie sur quatre ans. Six institutions reçoivent pour leur part une nouvelle aide au fonctionnement.

Réforme attendue

La présidente de la SMQ ajoute que le milieu demandait depuis longtemps une réforme des critères de subventions.

« La réforme répondait à une demande du milieu », dit-elle. « Ce qu’on demandait, c’est une meilleure reconnaissance du travail effectué au sein des institutions. »

Selon elle, le milieu souhaitait entre autres que les budgets correspondent à une certaine évaluation de la « performance » des musées, soit du dynamisme des institutions, de la programmation et des expositions itinérantes.

Le programme d’aide au fonctionnement exclut également désormais les musées qui sont ouverts moins de 40 semaines par année. Ces derniers ont cependant accès, comme tous les autres d’ailleurs, à diverses formes de financement par projet. Quarante-cinq institutions muséales ont aussi été transférées directement au Conseil des arts et des lettres du Québec.