Le nouveau directeur du MOCA de Toronto vient stabiliser le dossier du déménagement

Le nouveau MOCA occupera 25 000 pieds carrés d’un édifice bâti en 1919 et utilisé par l’industrie automobile jusqu’en 2006.
Photo: Arash Moallemi Le nouveau MOCA occupera 25 000 pieds carrés d’un édifice bâti en 1919 et utilisé par l’industrie automobile jusqu’en 2006.

Moins de deux semaines après le retrait hâtif de sa directrice générale, Chantal Pontbriand, le Museum of Contemporary Art_Toronto_Canada (MOCA) a un nouveau directeur, intérimaire, Terry Nicholson. Entré en fonction mercredi, cet employé de longue date de la Ville de Toronto est bien connu du milieu culturel. Depuis 2012, il dirigeait le service de la culture. Son expérience en est une de gestionnaire, davantage que de muséologue.

Étêté, le MOCA devait agir vite. Actuellement en chantier, sur la voie de s’établir dans un ancien site industriel transformé à sa mesure, l’établissement fondé en 1999 doit rouvrir en mai 2017. L’urgence était telle qu’il a fallu recourir à un homme… retraité depuis deux jours.

« Des membres du conseil d’administration [du MOCA] sont venus me voir à ma fête de retraite. C’était le jour [23 juin] où l’on a appris le départ de la précédente directrice », dit-il, dans un court entretien depuis Toronto.

Les raisons de la rupture entre Chantal Pontbriand et le musée torontois, qu’elle dirigeait seulement depuis huit mois, demeurent inconnues. Il n’a pas été possible de parler à la présidente du conseil d’administration, Julia Ouellette, et Terry Nicholson a refusé de commenter la situation.

« Je ne peux pas parler de ça, à part pour dire qu’il s’agit d’un commun accord. Je n’ai pas été impliqué », assure-t-il.

L’ex-retraité a accepté de prendre le relais en sachant qu’il le ferait de manière intérimaire. « Je ne me cherchais pas un nouveau travail, affirme celui qui avait projeté s’engager dans des choses qui le passionnent. Le MOCA faisait partie de ces choses, mais je n’ai jamais anticipé cette nomination. » M. Nicholson restera à son poste tant qu’on voudra de lui.

Rappelons que le MOCA a été fondé par la Ville de Toronto, baptisé alors Museum of Canadian Contemporary Art. Le projet de déménagement, évalué au départ à 75 millions de dollars, dont la moitié devrait être assumée par des fonds publics, est soutenu par Alfredo Romano, un agent immobilier spécialisé dans la revitalisation de sites historiques. Le nouveau MOCA occupera 25 000 pieds carrés dans une de ses propriétés, un édifice bâti en 1919 et utilisé par l’industrie automobile jusqu’en 2006.

Le programme qu’avait établi Chantal Pontbriand, et dont elle avait révélé certains pans au printemps, s’étalait sur deux phases, de cinq ans chacune. L’objectif était de faire du MOCA un musée nouveau genre, axé sur le présent, exclusif à l’art du XXIe siècle et plus ouvert et accessible qu’aucun autre. Sans préciser ses intentions, Terry Nicholson affirme vouloir poursuivre le chemin parcouru.

« Je n’aurais pas accepté le poste, dit-il, si c’était pour repartir à zéro. La première phase [2015-2020] est encore la même, soit construire l’édifice, l’habiter et s’établir comme une nouvelle voix. Le chantier se poursuit, nous sommes en train de monter une équipe, avec de nouveaux joueurs. »

Pas question pour lui de tout remettre en question. La plupart des gens en place demeurent, notamment le conservateur en chef, David Liss, recruté à Montréal à la fin des années 1990 par l’ancêtre du MOCA. Nicholson ne peut cependant garantir que l’exposition inaugurale sera celle que l’ancienne directrice préparait, Odyssey 2040. « Je ne peux pas dire si Chantal Pontbriand restera impliquée. Je ne lui ai pas encore parlé », explique son successeur.

La priorité de Terry Nicholson, pour le moment, concerne la structure de l’organisme. « La tâche est énorme et mon travail, je crois, sera de clarifier et de simplifier. De coordonner au mieux, car il y a beaucoup de gens qui travaillent, et il faut s’assurer que tous avancent dans la même direction. »

S’il n’ose fixer une date pour le jour de l’inauguration, il prétend néanmoins que, dès 2017, le Museum of Contemporary Art_Toronto_Canada sera « une plaque tournante en culture ».