L’été ne se fait pas attendre

Laurie Vanhoorne Collaboration spéciale
«The Visible Spectrum» (2015) de David Spriggs
Photo: Source Musée des beaux-arts de Sherbrooke «The Visible Spectrum» (2015) de David Spriggs

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

La saison estivale bat déjà son plein au Musée des beaux-arts de Sherbrooke (MBAS), qui a lancé la huitième édition de son Salon du printemps des artistes des Cantons-de-l’Est le 9 avril dernier. Jusqu’au 5 juin, l’établissement expose le travail de quatorze artistes liés de près ou de loin à la grande région historique des Cantons-de-l’Est .

Au programme : peinture, photographie, estampe, installations… et dessin ! « Cette année, le dessin était présent dans énormément de dossiers, souligne, encore étonnée par le retour marqué de ce médium, Sarah Boucher, conservatrice du musée. C’est une première, parce qu’on s’est habitués à voir surtout des vidéos et des installations. »

Mme Boucher met un point d’honneur à travailler avec les artistes qu’elle sélectionne pour la biennale. « On se rencontre, on discute de ce que j’ai vu dans leurs travaux, de ce que j’ai envie de présenter, de ce qu’eux veulent présenter. On fait un compromis. Mon but, c’est qu’ils soient heureux de ce qu’ils présentent. »

Aucune thématique n’a été imposée. « Ce serait beaucoup trop compliqué, ça les obligerait à produire de nouvelles oeuvres, explique Mme Boucher. Malgré tout, chaque fois, on est capable de dégager une thématique. » Cette année, c’est la nature qui forme une ligne directrice subtile entre chacune des oeuvres et s’exprime à travers le bois, les oiseaux.

L’art à l’ère de la surveillance numérique

Le thème de la surveillance se manifestera dans les natures mortes façon rayon X de David Spriggs, dont l’exposition PRISM sera à l’affiche à partir du 18 juin et jusqu’au 2 octobre.

C’est à la galerie Art Mûr que Sarah Boucher a pour la première fois été en contact de son travail. « J’avais trouvé fascinante sa façon de travailler avec les acétates, qui donnent une perspective aux images », explique la conservatrice, qui se réjouit de voir se concrétiser un projet qu’elle avait en banque depuis plusieurs années.

Initialement présentée chez Arsenal art contemporain, l’exposition a été adaptée pour l’occasion. « Il y aura un contraste intéressant entre le style beaux-arts de la salle et les oeuvres contemporaines. Pour les présenter dans un contexte qui les met en valeur, il faut que ce soit sombre, donc on va couvrir les fenêtres et les présenter avec un éclairage qui permettra d’en capter tous les détails. »

Bois et papier

Les derniers territoires mettra à l’honneur le travail de René Derouin du 11 juin au 25 septembre. Au programme, une trentaine d’oeuvres réalisées entre 2000 et 2013, période durant laquelle il renoue avec les bois reliefs, le noir et blanc et le papier découpé, influencé par les traditions japonaise et mexicaine, découvertes au fil de ses pérégrinations.

Un catalogue a été édité spécialement pour l’occasion. « C’est de plus en plus rare qu’on puisse se le permettre, car on préfère concentrer nos sous pour présenter des expositions et donner un cachet aux artistes », révèle Mme Boucher.

Le vernissage des expositions de David Spriggs et de René Derouin aura lieu le 18 juin.

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