Chevaux, archéologie québécoise et activités populaires

« Une pièce maîtresse de l’exposition est certainement cette immense pirogue du XVe siècle qui a passé cinq siècles sous l’eau, prêtée par le musée québécois d’archéologie Pointe-du-Buisson », affirme Francine Lelièvre, directrice générale de Pointe-à-Callière.
Photo: Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal « Une pièce maîtresse de l’exposition est certainement cette immense pirogue du XVe siècle qui a passé cinq siècles sous l’eau, prêtée par le musée québécois d’archéologie Pointe-du-Buisson », affirme Francine Lelièvre, directrice générale de Pointe-à-Callière.

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

L’été sera équestre à Pointe-à-Callière avec « Des chevaux et des hommes. La collection Émile Hermès, Paris » , présentée à partir du 20 mai. De plus, le Québec continue d’être à l’honneur avec la première exposition sur l’archéologie d’ici mettant en vedette les trésors issus de 50 ans de fouilles. Les activités spéciales seront aussi nombreuses cet été encore à Pointe-à-Callière. Tour d’horizon.

L’exposition est inédite : près de 250 pièces tirées de la collection d’Émile Hermès, petit-fils du fondateur de la maison de luxe française. Selles aux minutieux détails, immense cheval à bascule, éperons et étriers, costumes d’amazones, voitures hippomobiles, oeuvres de peintres célèbres tels Degas, Delacroix et Géricault : les objets variés retracent l’histoire du cheval et de sa relation avec l’homme. Francine Lelièvre, directrice générale de Pointe-à-Callière, a effectué quelques visites dans la collection privée de la prestigieuse adresse du faubourg Saint-Honoré avant de convaincre la direction de réaliser une exposition.

« Émile Hermès était vraiment un passionné du cheval et un fervent collectionneur : il avait même dissimulé une porte dans son bureau pour pouvoir filer en douce régulièrement aux enchères chercher de nouveaux objets », explique Francine Lelièvre.

Fondée à Paris en 1837, la maison Hermès fabriquait des selles, à l’origine.

« Le cheval était roi, mais Émile Hermès a su que, à un moment donné, cette époque serait révolue, alors il collectionnait des pièces de qualité qui touchaient au cheval dans une volonté de transmettre ce savoir aux générations futures », explique Francine Lelièvre.

La famille a vraiment un attachement à ces objets d’une qualité exceptionnelle et, d’ailleurs, les artisans d’Hermès s’en inspirent encore aujourd’hui pour créer leurs pièces.

« Jamais la famille n’avait pensé qu’elle laisserait sortir ces pièces de la maison, mais j’ai réussi à les convaincre en proposant une exposition historique et non une exposition sur la mode, dit Mme Lelièvre. Chaque objet a une histoire bien connue par la responsable de la collection, mais je trouvais important de pérenniser ces connaissances et de les diffuser. »

Émile Hermès est même déjà passé par Montréal et on pourra voir son carnet de notes dans l’exposition.

« Il y a découvert des voitures avec le capot fermé à l’aide d’une fermeture éclair, raconte Francine Lelièvre. Il a acheté le brevet qu’il a adapté et utilisé pour fabriquer des sacs pour les chevaux, puis des sacs à main pour dames. C’est ainsi qu’est arrivée la fermeture éclair en Europe. C’était vraiment un homme innovateur, visionnaire. »

Des pièces de la collection viennent aussi d’autres pays, comme la Chine et le Japon.

Archéologie du Québec

Fragments d’humanité. Archéologie du Québec est une exposition de plus de 350 pièces majeures choisies parmi les collections et résultats de fouilles archéologiques réalisées sur plus de 10 000 sites à travers le territoire québécois.

« C’est la première exposition sur l’archéologie du Québec après 50 ans de découvertes qui nous ont permis d’apprendre que le territoire est habité depuis 12 000 ans », affirme Francine Lelièvre.

L’exposition, présentée depuis février, retrace la période amérindienne avant l’arrivée des Européens.

« Une pièce maîtresse de l’exposition est certainement cette immense pirogue du XVe siècle qui a passé cinq siècles sous l’eau, prêtée par le musée québécois d’archéologie Pointe-du-Buisson », dit Francine Lelièvre.

Faite d’un seul morceau de bois et toujours en bon état, cette pirogue a été retrouvée par des plongeurs amateurs dans un lac des Laurentides au milieu des années 1980.

Puis, l’exposition aborde la période française avec des objets liés à l’échange et au commerce aux XVIe et XVIIe siècles.

La période anglaise, aux XVIIIe et XIXe siècles, se concentre sur les objets de la vie quotidienne.

Enfin, une portion importante de l’exposition porte sur l’archéologie subaquatique. On y trouvera des vestiges tirés de cinq épaves.

Cette exposition, réalisée par Pointe-à-Callière en collaboration avec la Réserve d’archéologie du ministère de la Culture et des Communications du Québec, a été rendue possible grâce à la participation de plusieurs prêteurs de la province.

Activités populaires

La belle saison commencera à Pointe-à-Callière par la traditionnelle Journée des musées montréalais, le 29 mai. Pour l’occasion, les visiteurs pourront voir à moitié prix Des chevaux et des hommes. La collection Émile Hermès, Paris et les autres expositions gratuitement.

L’été se terminera avec le traditionnel Marché public dans l’ambiance du XVIIIe siècle. Cette année, il se tiendra les 27 et 28 août. Producteurs agricoles, artisans et animateurs se donnent rendez-vous au coeur du Vieux-Montréal pour faire vivre l’ambiance du premier marché public de Montréal de 1750. On pourra y goûter plusieurs produits typiques de l’époque de la Nouvelle-France, comme des gelées de fruits sauvages, des produits de l’érable, des fromages, des saucisses, du cidre et de la bière d’épinette. Les conteurs, musiciens et une centaine de personnages feront aussi revivre l’ambiance de l’époque.

Enfin, nul besoin d’attendre une activité particulière pour venir profiter du beau temps dans l’espace urbain aménagé autour de Pointe-à-Callière. Un piano public y est installé, avec des chaises Adirondack et de petites tables.

« On a vraiment réussi à créer un environnement intéressant pour les familles et les gens du quartier, remarque Francine Lelièvre. Les gens viennent lire sous un arbre ou dîner. Les gens profitent de cet espace alors qu’il y a du béton tout autour. C’est toujours plein ! »

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