La ruée vers l’or en Colombie-Britannique

Anne Gaignaire Collaboration spéciale
Roue et flumes à la concession de Davis le long du ruisseau Williams, 1867
Photo: Source Royal BC Museum and Archives Roue et flumes à la concession de Davis le long du ruisseau Williams, 1867

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

Si le programme du Musée canadien de l’histoire, à Gatineau, est chargé cet été, l’exposition à ne pas manquer est bien celle sur la ruée vers l’or en Colombie-Britannique. Aux côtés des mineurs de l’époque, une exposition sur Napoléon et Paris et une sur les véhicules tirés par des chevaux aiguiseront également la curiosité des visiteurs.

Les images de ruée vers l’or au XIXe siècle sont souvent celles du Klondike, dans l’ouest du Yukon, où se sont précipités des centaines de chercheurs d’or à la fin des années 1890. « Mais peu savent qu’une première ruée vers l’or avait eu lieu 50 ans plus tôt en Colombie-Britannique », soulève Bianca Gendreau, gestionnaire Canada contemporain, division de la recherche au Musée canadien de l’histoire.

Une page méconnue de l’histoire qui a pourtant vu « plus de 30 000 personnes se ruer dans l’Ouest dans les années 1860, qui a permis à la Colombie-Britannique de devenir une province, mais qui a aussi causé un conflit avec les Premières Nations », rappelle Bianca Gendreau. Cette période n’avait pourtant jamais été décrite au musée. C’est désormais chose du passé avec l’exposition Ruée vers l’or ! Eldorado en Colombie-Britannique, réalisée en partenariat avec le Royal British-Columbia Museum. L’exposition est axée sur la description de la vie quotidienne — difficile — des gens qui étaient venus rechercher des pépites en espérant faire fortune. « Elle montre qui étaient ces gens, comment ils vivaient, la violence qui régnait à l’époque », énumère Bianca Gendreau.

Parmi les incontournables de l’exposition, qui comporte 280 objets et qui est ouverte aux visiteurs du mois d’avril 2016 jusqu’au 15 janvier 2017, une diligence grandeur nature et la spectaculaire pépite Turnagain de 1642 grammes, la plus volumineuse ayant été trouvée en Colombie-Britannique.

Napoléon et Paris

Dès le 15 juin 2016, et jusqu’en janvier 2017, les visiteurs du musée pourront faire un bond quelques décennies plus tôt et de l’autre côté de l’océan, après avoir exploré la ruée vers l’or des années 1860 dans l’Ouest canadien, pour aller découvrir le rapport de Napoléon Bonaparte, le premier empereur des Français au début du XIXe siècle, avec la ville de Paris. « Il y a vécu des moments charnières de son existence et y a laissé sa marque. On ne sait pas toujours que c’est Napoléon Bonaparte qui a fait faire la colonne Vendôme et l’Arc de triomphe. Le pont des Arts lui doit d’être le premier pont métallique de Paris », précise Bianca Gendreau. Du mobilier, le lit de camp de Bonaparte et même son tricorne seront exposés. L’exposition a été créée par le musée parisien Carnavalet et adaptée pour sa tournée en Amérique du Nord par le Musée canadien de l’histoire.

Enfin, les plus belles pièces d’un collectionneur de véhicules hippomobiles, Paul Bienvenu, sont exposées jusqu’en avril 2017. Tous ces moyens de locomotion tirés par des chevaux datent des années 1770 à 1950. Y figure notamment une calèche du XVIIIe siècle.

En parallèle de ces expositions temporaires, le musée organise des « Super dimanches » pour les familles : celui du 19 juin célébrera le mois national de l’histoire autochtone, celui de juillet le mois de l’archéologie avec des activités autour d’une épave retrouvée. Enfin, entre le 1er et le 7 juillet, une semaine sera consacrée à l’histoire des suffragettes, ces femmes qui se sont battues pour obtenir le droit de vote. Droit qu’elles ont finalement acquis en 1918 au Canada, mais seulement en 1940 au Québec !

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